• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -36-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-  

    Lorsque la jeune comtesse allait se promener dans le parc, Adélaïde lui recommandait sans cesse de ne pas aller trop près des bords de cet étang dont les berges étaient devenues dangereuses. La jeune fille ne s’en souciait guère, et ne se privait pas de braver les recommandations d’Adélaïde. Elle aimait cet endroit sans en connaître la raison qui, principalement, l’attirait près de l’étang. Elle S’y rendait chaque fois qu’elle le pouvait : Était-ce le besoin de braver les interdits ? Elle était frondeuse la jeune comtesse ! Un jour que l’envie lui était venu de cueillir une de ces fleurs, elle avait eu l’idée, comme le faisait sa mère, de prendre la vieille barque sans se demander si elle saurait la manipuler, et se souciant peu de ne pas savoir encore nager. Téméraire, bravant le sort, se servant des rames avec maladresse, elle s’était approchée le plus près possible du jardin aquatique. A l’aide d’une longue branche souple et fourchue, elle avait réussi à attirer à elle une de ses fleurs tant convoitées par sa mère. Elle l’avait cueilli avec mille précautions pour ne pas faire chavirer son embarcation, et revenant prudemment près de la rive sans omettre de remettre la barque à sa place, elle avait monté les trois degrés qui permettaient de se retrouver sur la terre ferme, arrimé la barque bien consciencieusement, elle avait pris soin de fixer la fleur dans ses cheveux. Sur le chemin qui menait à Châteauroux, Isabelle avait croisé Ludivine de Richemont qui, avec ce sourire ingénu plein de sous-entendus dont elle avait le secret, lui avait dit :

    Vous avez cueilli cela dans l’étang ? Quelle imprudence ! Comment avez-vous fait ? Le jardin aquatique n’est pas si près de la berge ! Avez-vous donc envie de finir comme votre mère ?

    Isabelle, obéissant aux réflexes habituels chez elle, dès qu’il s’agissait de Édith d'Argenson ou de sa fille, répliqua sèchement :

    Quoi ?! Qu’a fait, ma mère et en quoi cela vous regarde t-il ?! De quoi vous mêlez-vous ?!

    Mais elle s’est noyée dans l’étang en voulant cueillir ces fameuses fleurs ! Du moins on le suppose... Personne ne vous l’a jamais dit ?

    Abasourdie et furieuse par ce qu’elle venait d’apprendre sans ménagement de la bouche de cette péronnelle de Ludivine, Isabelle lui asséna une réplique digne d’une personne qui savait des choses que la fille de la d’Argenson ignorait :

    Ne serait-ce pas quelqu’un qui aurait poussé ma chère mère intentionnellement ? Je ne suis pas idiote et j’ai moi-même pris la barque pour aller cueillir ces fleurs ? On ne peut les attraper de la berge ! Ne trouvez-vous pas étrange qu’elle ait cherché à attraper ces fleurs à onze heure du soir, seule, alors qu’elle prenait elle aussi la barque de jour pour les ramasser ?! La barque n’avait pas été manipulée ce soir là ! C’est curieux ! Ne trouvez-vous pas ?

    Oh ! Mais qu’allez-vous chercher là ? Ce n’est pas la version officielle de la mort de votre mère ! fît Ludivine derrière un sourire malicieux et plein de sous entendus. Vous vous montez la tête, ma chère !

     

    Son air plus qu’ironique, humiliant et méprisant en disait long sur l’animosité qui existait entre les deux jeunes filles.

    Vous êtes vraiment une peste pour me dire de telles choses ! Lorsque ma mère est décédée, vous n’aviez que quatre ans de plus que moi ! C’est votre mère qui vous a mise au courant ? Alors qu’on me l’a caché jusqu’à aujourd’hui, et que c’est vous qui le l’apprenez avec malice ! Vous êtes décidément mesquine, cruelle et pleine de méchanceté ! Pour cela, vous êtes le portrait de votre mère, sans aucun doute ! Êtes-vous satisfaite de me faire du mal ?

    Ludivine ne répondit pas, mais le sourire de satisfaction qu’elle affichait en disait long sur l’effet produit sur Isabelle quant à sa révélation. Hors d’elle, la jeune comtesse gifla magistralement sa rivale qui ne s’attendait pas à une telle violence. Ne lui laissant pas le temps de réagir, Isabelle s’éloigna avec la rage au ventre, se répétant sans cesse à voix haute :

    Noyée ? Ma mère s’est noyée ? C’est impossible ! Elle ne s’est pas noyée seule : on l’y a aidé ! Ce n'est pas possible autrement ! Elle était bien trop prudente !

    De son côté, Ludivine, la joue en feu et blessé dans son orgueil, marmonna les dents serrées :

    Tu va me payer cette gifle tôt ou tard ma petite… Tu ne perds rien pour attendre.

    36

    sceau copyright

     

     

    « Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -35-Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -37- »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :