• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -29-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -28- 

    Isabelle, les yeux embués de larmes,  osa prendre la main de son aïeul qui ne la retira pas,  la baisa avant d’exprimer la phrase qui devait mettre un terme à leur entretient :

    Adieu, Grand-mère.   

    Se ravisant, la comtesse retira prestement sa main aristocratique des lèvres de sa petite-fille, et fît un geste significatif qui accompagnait ce congé définitif ne souffrant aucun retour en arrière, et qui fit prendre conscience à Isabelle qu’elle ne dirait plus un mot.

    Malgré ce congé qui en disait long sur la dureté de caractère de son aïeule, Isabelle osa encore :

    Je vous remercie pour votre confiance et vous assure de ma loyauté, grand-mère. N’ayez aucune crainte et reposez-vous tranquillement. Adieu.

    Les yeux  toujours embués de larmes, la jeune fille refit la révérence et tourna les talons. Quand elle eut franchi le seuil de cette grande pièce à l’atmosphère glacial et irrespirable : cette grande et unique salle lui servant de chambre et de pièce à vivre où sa grand-mère allait certainement finir ses jours. Isabelle s’appliqua avec prudence, à déambuler, légère et méfiante, jusqu’à sa propre chambre : il fallait qu’elle arrive à ne pas se faire remarquer par Adélaïde. Par bonheur, sa marraine cousait à la machine et ne perçu pas la venue de sa protégée. Isabelle put ainsi regagner sa chambre sans encombre, dégager la cachette, et y enfermer le précieux contenu du sac qui ne payait pas de mine, mais qui en disait long sur le trésor qu'il contenait et qui lui avait été confié.

    Elle ne craignait pas son amie de tous temps, mais la comtesse de Rubens lui avait bien précisé de ne parler à âme qui vive du secret des bijoux si longtemps cachés. Bien qu’Isabelle sache que la bonne Adélaïde n’aimait pas sa belle-mère, elle se devait de respecter la parole donnée à une mourante. Sa grand-mère ne tenait pas à ce qu’Adélaïde soit au courant de ce qu’il restait de cette fortune qu’elle avait, pendant des années, si farouchement réussi à dissimuler à la convoitise des châtelains successifs ayant habité château neuf, mais elle abhorrait cette femme cupide qu’était la d’Argenson. Isabelle se préoccupait, en cet instant, que de respecter les consignes de son aïeule, et de trouver une cachette digne du trésor qu’elle gardait entre ses mains. Il fallait qu’elle mette en sûreté le dépôt confié à ses soins. En repensant à Adélie, Isabelle connaissait l’aversion qu’elle avait envers cette d’Argenson et ne la portait, pas plus qu'elle, dans son cœur. Elle se serait bien associée à sa grande amie pour lui faire volontiers du tort ; mais la comtesse Marie-Marguerite de Rubens lui avait expressément fait promettre de ne révéler à âme qui vive la teneur de ce trésor. Elle entendait encore ses paroles :

    Promets-moi de ne révéler que tu détient et soustrait les bijoux que je te donne à la convoitise des personnes vivant dans ce château que j'ai quitté dès que la d'Argenson est venu habiter aupré de son nouveau mari : mon fils.

    Isabelle tenait à respecter sa mission jusqu’au bout sans déroger à sa promesse. Par bonheur, Adélaïde cousait à la machine. Isabelle put gagner sa chambre sans encombre, dégager la cachette, et y enfermer le précieux contenu du sac qui en disait long sur le trésor qu'il lui avait été confié. Après quoi, elle se mît à rire intérieurement en imaginant la déconvenue de sa belle-mère lorsqu’elle chercherait en vain les joyaux, ce qui lui procura une joie immense. Pour elle-même, la jeune fille marmonna tout bas :

    — Ah ! Non ! Non ! Tant qu’elle sera la gardienne de ces joyaux, la d’Argenson ne portera jamais les bijoux de la princesse hindoue ! Agitée par ce qu’elle venait de vivre, l’adolescente allait et venait à travers sa chambre très sommairement meublée. Soudainement, elle tendit l’oreille, surprise d'entendre le violon de sa tante Victoria qu’elle n’avait jamais vu. L'instrument se plaignait en de longs sanglots poignants. Isabelle s’accouda à la fenêtre pour écouter cette longue plainte. Son cœur esseulé comprenait les mots que traduisait le violon. Elle resta un petit moment ainsi, à écouter ce violon plaintif puis, plus rien. Du haut de ses seize ans, élevée sans même l’amour du seul parent qui lui restait, habituée à la solitude, Isabelle avait un caractère bien trempé et décida d’aller frapper à la porte de sa tante, espérant que celle-ci lui ouvrirait si elle insistait. Sans la connaître que par le son de son violon, Isabelle éprouvait pour sa tante de la tendresse. Elle tenterait tant qu’elle en aurait la force et cette envie de lui parler, de devenir elle, sa nièce, sa seule amie afin d’atténuer leurs deux solitudes.

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 12 Juillet à 10:36

    Bonjour

    le charme du son d'un violon dans le chateau

    et le mystere de plus en plus sur cette famille

    j'aime bien lire un petit peu de cette saga chaque semaine

     

    bon weekend, bon 14 juillet

    et bon soleil avec le frais et l'ombre pour se preserver de ce chaud de certains jours

      • Vendredi 12 Juillet à 12:16

        Bonjour Philippe,

        Merci pour tes visites régulières

        qui me confortent dans l'idée que ce roman vaut, peut-être la peine d'être édité.

        Ne t'inquiète pas : je suis bien à l'abri de la chaleur et sous la clim

        même si ce n'est pas bon pour la planète. 

        En ce moment, il nous est impossible : J-M et moi, de nous en passer.

        je ne sais si tu part en vacance ; mais si tu prends un peu de congé,

        alors je te souhaite de bonnes vacances !

        Soit prudent. Amicalement, Ghis.

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