• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -23-

     

    Je veux t’entendre me le promettre à haute voix, Isabelle !

    Je vous le promets, grand-mère.

    Rassurée, Mme de Rubens resta silencieuse pendant un petit moment. Sur l’étoffe de sa robe de chambre d’un parme grisonnant, ses mains encore très fines d’aristocrate, blanches et longues, ressortaient singulièrement sur le tissu délavé. On y voyait aucun bijou de valeur sauf une épaisse alliance en or ciselée sur toute sa largeur,  seul signe extérieur d’une ancienne fortune due à son rang, aujourd’hui dissimulée aux curieux... s’il y en avait encore une. Tout à coup, la vieille dame reprit la parole sur le même ton dont elle avait accueilli sa petite fille, ce qui l’impressionnait toujours autant. Ce qu’elle lui révéla, Isabelle en savait déjà une partie par Adélaïde, mais non le plus important, et ce qu’elle entendit la laissa stupéfaite. Elle prit soins d’être attentive à ce que sa grand-mère tenait à lui confier. L’aïeule commença :

    Mon grand-père, Yann de Brémont, au cours d’un voyage dans les pays d’orient, avait sauvé la vie du fils d’un maharadja de je ne sais plus quelle dynastie, mais cela importe peu. Pour lui montrer sa reconnaissance, Le maharadja lui donna une de ses filles en mariage à laquelle il fît don, en guise de dot, de quelques-uns des magnifiques joyaux dont il était possesseur. Mon grand-père ramena en France la belle Orientale qui fut baptisée, et qui apprit la langue de son nouveau pays. Ces chères cousines par alliance, et demoiselles à la peau très blanche qui devait être le signe suprême d’une noblesse bien affirmée, ne l’ont pas accepté tout de suite. Mais elle ne céda en rien, pour l’élégance, la distinction, les manières, le charme et l’esprit, aux autres comtesses de Brémont. De ses dix enfants, un seul survécut qui fut mon père. A sa mort, Étant fille unique, j’ai hérité des précieuses gemmes en même temps que la fortune des de Brémont. Celle-ci, à peine diminuée par une gestion quelque peu imprudente dans des placements hasardeux. Cependant, elle était encore très conséquente. Le comte Stéphan de Rubens, mon époux, se chargea de réduire sa propre fortune qui étaient à cette époque, considérables. Je suis une femme futée et très prévoyante. De plus, je n’aime pas, à cause d’un mariage qui se révéla destructeur, être dépouillée de mes biens. Je suis de sang noble. Je n’ai, en aucun cas un devoir envers mon époux concernant ma propre fortune : il avait la sienne, et j’avais la mienne que je pris soin de ne poins lui révéler. Il savait que je n'étais pas dépourvue de fortune, bien entendu ; mais seule ma dot entra en ligne de compte dans cette union. Etant Seule héritière de mon père, je disposais de mes biens comme je l’entendais. Il n’a jamais vraiment eu connaissance de mon patrimoine en immobilier et terrains que je louais en fermage et dont régulièrement je touchais les loyers. Ce que je déplore, c'est ce côté dépensier, volage et peu enclin à m’écouter lorsque je le conseillais sur ses placements financiers : Ses gros défauts étaient le jeu et les femmes.

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 31 Mai à 10:20

    Bonjour

    mystere de famille et bijou secret, cela rend encore plus passionnant ce roman

    je te souhaite un bon et beau weekend avec ce soleil si present et agreable a en profiter bien encore ces jours ci

      • Vendredi 31 Mai à 16:35

        Bonjour Philippe,

        Oui, et il y a le meurtre aussi que tu découvriras

        au fur et à mesure de ta lecture...

        Je te souhaite, moi aussi, un très bon et long week-end  de l'ascension.

        Merci pour ta fidélité. Ghis.

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