• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -228-

       Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    William regagna Aïgue-blanche, et Isabelle se dirigea vers le presbytère. Elle voulait apprendre à l’abbé Forges ses fiançailles, qui ne seraient officielles que plus tard, William laissant passer les quelques mois, respectant ainsi, le temps de son veuvage. Isabelle trouva le prêtre dans son jardin, occupé à l’émondage d’arbustes trop exubérants. Il l’écouta en silence, puis eut un sourire qui adoucit un instant son visage austère, en apparence, mais qui ne l’était pas du tout. Isabelle le connaissait depuis sa toute petite enfance, et connaissait sa personnalité.

    Très bien, ma chère enfant. Je me doutais depuis quelque temps qu’il ne vous était pas indifférent, ce cher William, si digne de vous.

    Depuis quelque temps seulement ? Mais je l’ai toujours aimé sans le savoir, mon père.

    L’abbé Forges eut un mouvement de surprise :

    Toujours aimé ?

    Oui, j’ai compris depuis, que si j’étais follement irritée, autrefois, de le voir épouser Ludivine, c’est que mon cœur était de la partie, mais j’étais, alors trop jeune pour comprendre.

    Il fallait que je grandisse loin de Monteuroux, que je me civilise aussi, dit-elle en riant.

    Elle parlait avec simplicité, avec une douce flamme dans ses beaux yeux. Le prêtre la considérait pensivement. Ainsi, voilà donc l’énigme qu’elle renfermait en elle, sans le savoir, cette âme longtemps secrète, et dans la tourmente, s’ouvrait aujourd’hui, joyeuse, dépouillées de mystère. Isabelle, amoureuse ardente et grave, qui saurait être une épouse parfaite et de la plus noble race morale pour William dont le cœur, semblable au sien, ne pouvait que l’apprécier, formant ainsi, un couple parfait.

    J’ai été bien aveugle, mon enfant, dit le prêtre.

    Isabelle eut un petit tremblement des lèvres en répliquant :

    —  Une personnes avaient deviné... La haine est peut-être, en ce monde, plus forte en apparence, mais l’amour finit pas gagner son paradis... Ludivine se doutait de l’attirance que nous avions l’un pour l’autre, et bien qu’elle délaissait son époux, depuis que je m’en étais revenue d’Angleterre, elle était fort jalouse de notre rapprochement et notre complicité. Le père Verges lui donna ce sage conseil :

    Ne pensez plus à toutes ces choses, et soyez heureux, mes enfants. l’avenir s’ouvre devant vous, et je serais là pour bénir votre mariage.

    La nuit tombée, William et Isabelle vinrent se promener une fois encore sur les bords de l’étang à la pour savourer leur amour sans être dérangés. Ils avaient besoin de se retrouver seuls pour parler et s’embrasser comme tous les amoureux du monde. Entre les grands ormes sur lesquels s’attardait la lumière lunaire, l’étang reprenait sa teinte sombre par endroit.

    228

    sceau copyright

     

         

    « Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -227-Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -229- »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :