• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -227-

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    Ludivine n’était pas responsable de l’acte suggéré par sa mère à sa domestique. Elle était bien trop jeune à l’époque ou tout ceci s’est passé ; mais la façon dont elle l’a élevé, vu son âme noire, à fait de Ludivine son exacte reflet. Quant au petit Thierry, Ludivine et sa mère sont responsables de trop avoir céder à ses caprices, et de l’avoir élevé dans la fourberie et le mensonge. Lorsque un fruit est pourrit de l’intérieur aussi bien que de l’extérieur, il ne peut que gâté les autres fruits qui se trouvent dans le même panier. L’entière adoration de Berthe et sa complète soumission envers Édith d’Argenson, lui ont fait accomplir ce geste irréparable que sa maîtresse ne voulait pas avoir à faire elle-même. Exerçant une manipulation verbale sur sa domestique, elle était sûre de sa complicité, afin d’accomplir le travail qu’elle ne tenait pas à faire elle-même. Le retour de bâton fut administré de la façon la plus terrible et la plus radicale qui soit pour Édith et Berthe. Celui que je plains le plus est mon père qui fut trop faible pour résister à cette diablesse, et qui va payer jusqu’à la fin de ses jours la perte de sa chère femme honnête, douce et aimante. De ne s’être pas occupé de moi lorsque j’avais besoin de sa protection, et de m’avoir, en quelque sorte, abandonné à Adélaïde qui a su, seule, me donner tout l’amour d’une seconde mère alors que je venais de perdre la mienne, et qu’alors, j’avais le plus grand besoin du sien, mon père m’a perdue en me délaissant complètement, préférant écouter sa nouvelle épouse qui est, à présent, pour lui, je pense, son châtiment. En ce qui concerne la d’Argenson : elle n’a plus rien à espérer de la fortune dormante des comtes de Rubens comme elle l’a longtemps espéré. Tout est finit pour elle. Après tant d'années de souffrances, de doutes, et de larmes pour la petite fille que j’étais, il ne peut en être autrement ! La punition de Dieu est la réponse aux manquements d’un père envers son enfant. J’ai mal pour mon père, et j’ai beaucoup de peine, mais je lui pardonne parce que c’est mon père et que, malgré tout, je l’aime même si je sais ne plus jamais le revoir. Je pardonne à Ludivine, et je n’ai plus que de l’indifférence pour Édith. Je ne puis encore oublier tout ce qu’elle m’a fait endurer. A présent, tout est rentré dans l'ordre. Je ne veux plus penser au passé. Nous n'en parlerons plus. Je veux être heureuse avec toi, William !

    Sur ses paroles pleines de confiance et d’amour, William prit dans ses bras le jeune corps frémissant de sa bien-aimée et, la regardant dans les yeux, il approcha son visage du sien, prit ses lèvres avec tendresse et douceur : ces douces lèvres parfumées de jeunesse encore innocentes de ce qui constituait l’amour charnel et qu'il avait déjà goûté le soir du bal. Son jeune amour était pur de toutes souillures. Enfin, il laissait libre cours à tout ce qu'il ressentait pour la jeune fille. Ce baiser fut le premier baiser autorisé qu'elle recevait de celui qu'elle aimait depuis longtemps sans vraiment s'en être rendu compte. Après avoir tous deux vider leur cœur de tout ce qui pouvait encore compromettre leur bonheur, ils descendirent le sentier de la poterne en se tenant la main, et sur la route qui menait au village, ils se séparèrent après un doux baiser.

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