• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -225-

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    Dites-moi, William. Comment dois-je expliquer cela ? Lors de ma confrontation houleuse avec mon père, et avant même que l’on ne sache ce qui c’était vraiment passé ? Est-ce que j’aurai pu soupçonner et accuser ma belle-mère du meurtre de ma mère sans en avoir une preuve, même indirecte, mais pourtant bien réelle ? Comment aurais-je pu accuser mon père d’adultère si maman ne me l’avait pas confié ? Il faut admettre que toutes ces choses sont troublantes ! Je ne sais toujours pas si je dois croire aux phénomènes qui relèvent du surnaturel, et qui nous dépassent ; mais une chose est sûre : c’est que je devais quitter Monteuroux sans me rebeller, et sans me retourner, même si j'avais beaucoup de peine. Je n’avais que seize ans et aucun pouvoir sur mon avenir. Grâce à maman, je me suis résignée, parce que j’ai compris où était mon intérêt. Il valait que j’en prenne mon parti. Il y allait de mon salut. Une autre personne, en plus de vous, m’a également mise en garde quelque temps avant que je connaisse cette tragédie : c'est ma tante Victoria. Elle avait l’habitude de se promener du côté du pavillon face à l’étang. Un soir que je m’y promenais aussi, nous nous rencontrâmes. Nous avons parlé, et elle me mit en garde contre ma belle-mère, me disant de me méfier d’elle. Antoinette a fait allusion à cette rencontre tout à l'heure lors de ses adieux. Aujourd’hui, je me dis que tout ceci fait beaucoup trop de coïncidences pour que j’en néglige les faits ! Je ne sais comment cela a pu se produire, mais j’ai réellement vu ma mère.

    Le jeune comte avait écouté Isabelle sans l’interrompre, bien qu'il eut du mal à accepter les faits. Mais la jeune fille avait besoin d’alléger son cœur de ce lourd secret qui la rongeait, et dont elle ne voulait plus être seule à en porter la charge. Il comprenait cette démarche. Celle qu’il aimait ne voulait rien lui cacher, et pour cela, il ne la respecterait que davantage. De plus, tous ces faits troublants s’emboîtaient les uns dans les autres, parfaitement avec ce qu’il savait déjà. William ne put s’empêcher de penser à ce que lui avait confié Émilie, et qui ressemblait étrangement aux confidences de la jeune fille. Le recoupement de tout ce qu’on lui avait confié était tellement évident, qu’il comprenait mieux ce qu'Isabelle avait dû vivre et se poser comme questions au sujet des confessions faites au cour des apparitions de Daphné de Rubens. Il comprenait aussi que, malgré sa peine à quitter Monteuroux, elle avait été si facile à convaincre d’aller chez son oncle six ans auparavant. Ce que la jeune comtesse venait de lui confier, lui paraissait tout à fait plausible. Il osa une question :

    Pensez-vous, Isabelle, revoir votre mère maintenant que tout est dit, que tout est clair pour elle comme pour nous deux ?

    Je pense que non. Maman repose enfin en paix, et de là-haut, elle voit que je suis heureuse avec vous. Nous sommes débarrassés de cette affreuse intrigante. Je pense que la justice divine est intervenue comme maman me l’avait dit, mais beaucoup plus terrible que je n’aurais pu l’imaginer. Les coupables ont été punis très profondément dans leur chair. Constata tristement Isabelle. 

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