• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -223-

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    Bien piètre consolation pour l’aider à survivre avec cette disgrâce qui l’humiliait, et dont elle devait en porter le poids jusqu’à la fin de ses jours. Avait-elle songé au suicide ? Peut-être qu’elle ne s’en sentait pas la force. Préférait-elle mieux souffrir en s’excluant, définitivement, de toute vie sociale ? Isabelle ne savait que répondre à ces questions qui resteraient, pour elle, à jamais, une énigme. Dans cette chambre, Victoria était à l’abri de tous regards importuns qu’on aurait pu avoir sur elle. Elle n’avait plus à se justifier de son apparence. Là, s’arrêtait sa vie. Ce que peut faire une déception amoureuse sur un pauvre cœur meurtri par un amour dédaigné, un pauvre corps déjà disgraciée par l’effet d’une destinée déjà programmée dans sa conception, et sans qu’elle y soit pour quelque chose, se dit Isabelle. Il se pouvait que la consanguinité y soit pour beaucoup au niveau de ses ancêtres et, justement, d’après ce qu’elle savait de ces ancêtres, il y avait des malformations due à la génétique comme sa tante Victoria, son cousin André, la tante de son père décédée à trente ans de maladie mystérieuse, ce qui ne rassurait guère Isabelle pour ses prochaines maternités, car elle comptait bien avoir des enfants avec William...

    En quittant la pièce où elle se trouvait, Isabelle se conforta dans sa décision de ne pas vendre le précieux violon de sa tante. Elle était curieuse de tout connaître de ce chef d’œuvre réalisé par un homme. Le bois de l’instrument avait été fait dans de l’érable tandis que sa sonorité avait la résonance de l’épicéa. Isabelle déchiffra la signature qui se trouvait à l’intérieur : C’était bien un Stradivarius. Elle savait depuis peu par les renseignements de sa tante, quel luthier l’avait fabriqué, façonné pour avoir une telle résonance dans des mains d’une artiste comme elle. Isabelle se dit qu’elle demanderait à Renaud qui devait certainement connaître ce genre de violon, et si besoin était, il le ferait expertiser en Angleterre. Ce n’est pas qu’elle voulait en savoir la valeur ; mais ce bel et noble instrument l’intriguait.

    A l'heure où le soleil commençait de disparaître derrière les hauteurs boisées, Isabelle rejoignit William, et tous deux prirent le sentier qui menait à l'étang. La jeune comtesse était pensive. Elle ressentait un besoin impérieux de confier à celui qu’elle aimait de tout son cœur, ce qui assombrissait encore son bonheur.

    William, j'ai quelque chose à vous confier qui me tient à cœur.

    Ce que vous avez à me confier : est-ce très important ? Questionna le jeune comte ?

    Assez pour que vous m’écoutiez. Il faut que je vous dise à propos de ma chère mère. De la même façon que les bûcherons l'ont aperçu plusieurs fois à l'étang, j'ai, moi aussi, par deux fois, sans oser le croire, aperçu maman. La première apparition s’est produite lorsque vous n'étiez pas encore marié avec Ludivine, mais simplement fiancés, et ceci, juste avant mon départ pour l’Angleterre. La deuxième fois, ce fut encore au bord de cette même pièce d'eau.

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