• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -221-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    La jeune comtesse frissonna. William lui recouvrit les épaules du châle qu’elle avait laissé tomber par inadvertance. Pendant un instant, le jeune comte s’assombrit. Pensait-il à la brune Ludivine aux yeux célestes, à l’enfant éduqué au mensonge par elle et sa belle-mère ? Cette Ludivine qui avait sournoisement essayé de l’asservir à ses volontés, comme l’avait fait sa mère pour le comte Rudolph de Rubens ? Soudain, l’on toqua discrètement à la porte, et Antoinette entra. Elle dit, avec une gravité nuancée d’émotion :

    Je viens prendre congé de Mademoiselle et de Monsieur. Demain matin, je serai partie.

    Isabelle lui tendit les deux mains.

    Priez pour moi, Antoinette... Vous avez été un ange pour ma tante, ma bonne Antoinette. Priez pour nous deux.

    Le regard si doux, si pur dans ce maigre visage mat, alla d’Isabelle à William.

    Oui, Mademoiselle, je ne vous oublierai pas dans mes prières. Ma pauvre demoiselle aurait été contente de ce mariage, et je suis sûr que, de là où elle est, elle doit ressentir de la joie à vous voir unis. Elle m’a dit, le lendemain du soir où elle vous a vu au pavillon de l’étang :

    Ma nièce Isabelle est une vraie de Rubens et elle est très belle, elle me ressemble beaucoup. Lorsque je ne serais plus, vous lui donnerez ce portrait de moi qu’un pastelliste à fait lorsque j’étais jeune fille et encore pleine d’illusions. Elle pourra mieux se rendre compte de notre ressemblance. Tout ce que je laisse dans cette pièce lui appartient, et mon violon est un Stradivarius, conçu par Stradivari lui-même en 1674. Il est né en 1634 et il est décédé en 1737. Il a une très grande valeur pour la qualité de son bois et la perfection avec lequel l’instrument à été réalisé. Je sais qu’elle m’entendait jouer et qu’elle aimait m’écouter. Elle peut en faire ce qu’elle voudra : le vendre si le besoin s’en faisait sentir… Il a une très grande valeur.

    Non, Antoinette. Je vais le garder précieusement pour toujours. Je veux pouvoir me souvenir d’elle et ne jamais l’oublier, comme elle le fut de son vivant.

    Alors, je suis sûr qu’elle en est très heureuse de savoir que vous ne lui en voulez pas et qu’elle a une place, si petite soit-elle, dans votre cœur. Adieu Mademoiselle. Soyez béni tous deux pour votre honnêteté, et votre amour.

    La femme de compagnie de Victoria se retira discrètement après les avoir salué tous deux. Elle ne se départissait jamais de son calme. Sereine, elle s'en allait, la paix dans l’âme, accomplir son œuvre d’expiatrice déjà commencé près de sa maîtresse fantasque, aigrie, malade d’esprit, qu’avait été la tante de Isabelle : Victoria de Rubens au visage d’une très grande beauté, ressemblant fort à sa nièce : une très belle femme au cœur passionné dans un corps difforme. Douloureuse destinée, que le temps et les prière d’Antoinette n’avait pas réussi à spiritualiser.

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  • Commentaires

    1
    Jolecondor
    Lundi 17 Juin à 20:46

    Hello Ghislaine

    Fichtre un Stradivarius, il n'y en a plus beaucoup dans le monde,  je sens que ce violon va avoir une drôle d'aventure foi de Condor.

    Je n'aurais pas su te dire la date de naissance de Sradivari  mais je sais qu'il a employé un verni à base de crevettes écrasées....

    Peut-être le secret de sa sonorité.

    Encore des analyses scientifiques, hihihi

    Fichtre cet oiseau en sais des choses, hihihi

    Va falloir lui clouer le bec...

     

    Gros bisous

    Jo

     

     

      • Mardi 18 Juin à 12:24

        Ho,non, cher Jo !

        Je ne te couperai jamais ton gros bec de condor !

        Tu m'apprends, toi aussi, beaucoups de choses !

        Si je connais l'histoire du Stradivarius,

        c'est que un de mes arrières, arrières grands pères en possédait un.

        C'est ma mère qui me l'a confié alors que j'étais toute jeune,

        mais je m'en suis souvenue ! Je connais l'histoire de cet instrument,

        comme je sais que dans ces mêmes arrières grands-pères que je ai pas connu,

        Il y avait un peintre : J'ai un tableau signé de sa main à la maison.

        Il y a également eu un maréchal qui était le mari

        d'une de mes  arrières, arrières grand-mères.

        bien sûr, tous deux sont décédés depuis bien longtemps.

        Il était connu sous le titre de Mr Le Maréchal Couvet.

        Mais tout ce beau monde ne sont que quelques uns de mes ancêtres,

        ce qui n'apporte rien de plus dans mon escarcelle...

        Merci pour ton passage, mon ami.

        Amitié, Gros bisous, Ghis.

         

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