• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -212-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34- 

    Pour moê, après qu’j’ai fait ma réflexion, J'suis sûr qu’c’est la grande bringue qui l’a poussé. J’la voyait jamais par là. Elle avait rein à faire c'te côté du parc ! M’dame la comtesse a dû tomber à plat vent’e dans l’eau, mais pas près des nénuphars : pus loin, si non, elle aurait pu s'agripper aux herbes et aux joncs, app’ler à l'aide si elle avait juste glissé. Mais J’ai pas entendu d'cris, ni d'bruit du côté d'l’étang, si non, j’aurais été voir c’qui pouvait bein s’passer par là. Pensez bein ! Mais j’ai rein entendu. Pourquoi j’aurais été voêr du côté d’l’étang si y’avait rein à voêr ? M’sieur l'comte, tous les domestiques et moê, nous avons cherché M’dame la comtesse tout’ la nuit, partout. La lune était pu au bon endroit pour nous aider, nous n’avons pas trouvé M’dame tout d’suite. Comme j’vous ai dit, c’est M’sieur l’comte qui a trouvé M’dame la comtesse euh, l’premier, au matin, et qui l’a sorti d’l’eau avec l’aide des domestiques : Elle a dû remonter pendant la nuit au milieu des racines.

    Elle aurait pu r’monter, si quéqu’un l’avait pas poussé loin du bord, et l’empêcher de remonterSi c’est la Berthe qui l’a poussé, et j'crois qu'c'est elle, M’dame la comtesse, à cause d’sa robe, n’a pâs pu remonter toute seule. Elle à dû couler rapidement ? Enfin… C’est mon avis !

    — Pourquoi n’avez-vous pas fait remarquer tout cela alors ? Dit Renaud d’un air de reproche.

    — C’est qu’on m’l’a pâs d’mandé ! Et pis, j'm'occupe pas des affaires qui m’regarde pas ! Vous en avez d’dôles, vous !

    C’était un comble ! Renaud dû se retenir pour ne pas lancer quelques apostrophes bien senties à la face butée du jardinier. Il se retint et dit au vieil homme avec son tact légendaire pour ne pas, justement, le buter :

    — Bien ! Mais maintenant que je vous l’ai demandé, que vous me l’avez dit, vous êtes prêt à le répéter devant témoins, s’il le faut ?

    — J’dirais la vérité, c'est sûr, p’isque que vous m’ le d’mandez ! C'est point par malice que j'ai point dis, mais j'aim’ pâs m’mêler des affaires des gens ! C’est que j'tiens à ma place !

    Renaud s'en alla courroucé que les informations arrivent si tard en ayant fait, au passage, autant de mal, et tout ceci, à cause d'un vieil homme buté renfrogné, qui ne voulait pas se rendre compte qu'en étant avare de mots, et de faits dont il avait été, en partie, témoin, il avait compromit l'avenir d'une jeune fille, empêché qu'une meurtrière soit punie.

    En approfondissant subtilement son raisonnement, Renaud conclut que la d’Argenson n’avait pas dû faire le travail elle-même afin de ne pas porter la faute, et de ne pas se salir les mains ? Elle avait dû suggérer ce geste malveillant à sa femme de chambre qui n’avait pas su faire autrement que faire plaisir à sa maîtresse. La vraie fautive n'était pas la femme de chambre, bien qu'elle en fut, par devoir envers sa maîtresse, le bras armé. Renaud ne pouvait accuser sans être sûr de ce qu’il avançait pour confondre les coupables, il lui fallait des preuves irréfutables, et il se devait de se mettre en quête de ces fameuses preuves signées par le jardinier, Emilie, et la tante d'Isabelle : Victoria de Rubens.

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