• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -206-

      Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    — Quand je la vis tomber, se débattre un instant, puis disparaître, je ne bougeais pas, car j’éprouvais une horrible joie : une abominable joie que j’ai payé ensuite par le plus affreux des remords. Plus je m’enlisais dans ce criminel silence, et plus je haïssais Daphné qui, même morte, agissait sur la haine que je nourrissais encore à son égard. "

    Isabelle ne perdait pas une miette de la douloureuse confession de sa tante. Plus elle lisait, et plus elle avait pitié de cette souffrance endurée pendant toutes ces années. Bien qu’aveuglée par les larmes, Isabelle reprit sa lecture.

    — Je me fais horreur, Isabelle ? Antoinette disait que Satan me possédait. Je pense à présent, au moment de m’en aller que, peut-être, elle n’avait pas tort. Je pense qu’en tout cas, que ce que j’éprouvais devait se rapprocher des souffrances interminables que ressentent les damnés... mais au point où j’en suis, je veux libérer mon âme. Il faut aussi que tu saches ceci : on a tué ta mère. Qui ? Je n’ai pu reconnaître cette femme. Elle était grande, vêtue de noir. Était-ce Édith d’Argenson : la nouvelle femme de mon frère ? Je ne la connais pas, je ne l’ai jamais vue, puisque je m’étais déjà enfermée ici lorsqu’elle a commencé de fréquenter Monteuroux. Mais qui donc aurait eu intérêt à supprimer la femme de Rudolph, sinon celle qui convoitait la place de ta mère, et qui s’est faite épouser, ensuite, aussi rapidement par lui ?Je t’ai déjà prémunie contre elle. Je savais par Angèle qu’elle a toujours cherché à te nuire. Si c’est elle qui est la cause du meurtre de ta mère, qui sait ce dont elle est capable contre toi ? Prends garde ! Au cas où tu trouverais quelque intérêt à ce que soient connus les faits tels qu’ils se sont passés, use de cet aveu que je te fais. Si ce n’est pas directement elle qui se chargea de la besogne, ce ne peut être que Berthe, sa femme de chambre. On me considérera avec raison comme une complice de ce crime, puisque je ne l’ai pas dénoncé. Tu me détesteras, Isabelle, et tu n’auras pas tort. Mais peut-être songeras-tu un peu aux tortures morales qui m’ont ravagées l’esprit depuis toutes ces années.

    Victoria de Rubens

    Lorsque Adélaïde surprise de ne pas voir sa protégée à l’heure du dîner, entra dans sa chambre, elle la trouva affaissée dans un fauteuil, toute frissonnante, ses doigts froissant la lettre de Victoria. L’horreur étreignait son âme et elle ne savait en ce moment laquelle lui paraissait plus odieuse de Victoria, haineuse jusqu’à se réjouir de cette mort, ou de la femme mystérieuse qui était, peut-être, Édith de Rubens ?

    Lorsque plus tard, entre Adélaïde et Renaud, elle se fut un peu remise de ce coup imprévu, elle jugea nécessaire de leurs communiquer la confession de sa tante, qui pourrait peut-être aiguiller sur une voie intéressante sa défense contre le machiavélisme de la deuxième femme de son père

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