• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -205-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Ma tante est-elle vraiment très mal, au point de nous quitter dans les jours qui vont suivre, Antoinette ?

    Tout à fait mal, Mlle. Je lui change ses draps tous les jours tellement elle transpire. La fièvre ne descend pas. Elle vient en outre de se fatiguer pour écrire ces pages qu’elle voulait à tout prix vous faire porter. Je l’ai soutenu comme j’ai pu, mais elle à eu beaucoup de peine pour arriver à la fin.

    La voix d’Antoinette se brisait. Sur son visage altéré par le chagrin, on discernait la fatigue accumulée par un dévouement qu’elle ne ménageait pas.

    Est-elle conscience de son état ?

    Oh ! Très bien, Mlle. Elle sait qu’elle est perdue.

    Et... elle ne veut pas voir le prêtre ?

    Les yeux tristes d’Antoinette parurent s’éclairer tout à coup.

    Il faut attendre l’heure de Dieu. Nous ne comprenons pas non plus, nous, mais lui seul connaît le moment où l’âme s’ouvre pour le recevoir.

    Si votre maîtresse voulait, je pourrais vous soulager un peu, Antoinette... en veillant sur elle... cette nuit, par exemple ?

    Mlle Victoria m’a chargé de dire à Mlle Isabelle qu’elle la recevrait ce soir, si elle veut bien venir après avoir lu ce qu’elle lui envoie.

    Sur ces mots, Antoinette se retira. Isabelle, assez intriguée, rentra dans sa chambre et déroula les deux feuillets couverts d’une écriture heurtée, zigzagant légèrement, mais où l’on retrouvait partout les traits d’un caractère excessif, et d’une nature et volontaire. La teneur de la lettre n’augurait rien de bon.

    Puisque je vais mourir, il faut que je libère ma conscience, Isabelle.

    Moi seule sais comment ta mère est morte, Isabelle. J’étais dans le pavillon le soir où elle fut poussée dans l’étang  par une femme inconnue.

    Isabelle faillit défaillir : C’était donc vrai ce que sa mère lui avait dit lors d’une apparition. Isabelle avait cru Ce soir-là, que son cerveau lui jouait un tour, mais c’était bien la vérité. Elle arrêta sa lecture, prit une chaise et appuya sa tête dans ses mains. Sa mère avait donc bien été assassinée. Après une pause et les yeux embués de larmes, elle essaya de reprendre sa lecture.

     Pourquoi n’ai-je rien dis ? Parce que je haïssais ma belle-sœur. Elle était belle, heureuse, et aimée comme jamais une personne telle que moi ne pourrait l’être un jour. Elle me traitait, en outre, avec une affection que je prenais pour de la pitié, et qui blessait mon orgueil. Oui, c’était de la haine qui s’insinuait en mon cœur comme un poison violent.

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