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    J’étais très jeune à l’époque ; mais avec le recule, maintenant que vous m’en parlez, on peut difficilement penser qu’il puisse s’agir d’une profonde crise de mélancolie provoquée par le chagrin de voir son mari se détacher d’elle. En outre, il paraît qu’elle aimait,venir rêver au bord de cet étang au clair de lune, et cela a pu déterminer, une machiavélique envie de la faire disparaître ? Peut-être, en effet, que des mains meurtrières sont derrière cette énigme ? Ma vision des choses ne peut plus se contenter de considérer son décès comme un accident, en effet. Cependant, je n’ai jamais entendu dire que quelqu’un ait pu faire une supposition de ce genre.

    Renaud ajouta :

    Justement : Cela me travaille depuis que j’ai vu les lieux de l’accident. Et si c’était tout autre chose comme l’a suggéré Isabelle ? Le silence se fit lourd, profond, et tous se turent sur cette nouvelle façon de considérer la mort de Daphné. Personne, jusqu’alors, n’avait évoqué cette possibilité, surtout s’il y avait, comme Isabelle et les deux jeunes gens en avaient le pressentiment, une ou des coupables...

    Comme ils atteignaient la vieille tour, ils rencontrèrent Antoinette venant de téléphoner pour demander le médecin. La crise pulmonaire, toujours latente chez sa maîtresse depuis quelque temps, semblait s’aggraver. Puis elle parut très frappée, l’autre jour, quand je lui ai appris l’accident de l’étang. Depuis ce moment, elle est encore plus sombre qu’à l’ordinaire et elle ne semble plus réagir contre la maladie, ainsi qu’elle le faisait auparavant.

    Dites-lui, Antoinette, que je suis toujours à sa disposition si elle désire me voir.

    Je le lui dirais, mademoiselle. Elle s’est informée hier de l’état de santé de mademoiselle et elle a dit :

    Au moins, elle n’a pas payé pour les autres, celles-là.

    Pourquoi payer pour les autres ? demanda William, se remémorant la supposition qu’avait émis Isabelle en premier, puis Renaud sur la mort de sa tante.

    Je l’ignore Mr le comte.

    Cette pauvre demoiselle est sans doute un peu bizarre, d’après ce que vous m’avez dit, et la maladie ne doit pas rendre ses idées plus normales, suggéra Juliette tandis qu’elle montait l’escalier, suivie de son amie.

    C’est possible. Dit Isabelle, mais je voudrais bien qu’elle me permette d’aller la voir, si elle devient plus malade qu’elle ne l’est déjà. Antoinette est parfaite, entièrement dévouée à ma tante, et du point de vue spirituel, elle aura plus d’action que moi sur cette âme aigrie, égarée dans son orgueil. Toutefois, il serait pénible, et indécent, qu’aucun membre de sa famille ne fût admis près d’elle sur ses derniers instants de vie.

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