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    Chapitre XVI

    Nous ne parlerons pas pour aujourd’hui de ces choses qui vous tourmente, Isabelle, avait déclaré Renaud à son retour. Et il avait essayé de distraire l’esprit de sa cousine, il lui avait dit combien lui plaisait Aïgue-blanche et ses habitants.

    André est un être charmant, sa sœur est la plus aimable jeune fille que je connaisse. Quant à William, je le crois un homme de grande valeur et de cœur et d’esprit, très sensible, sous des dehors assez froids.

    Il vit s’éclairer le regard fatigué d’Isabelle.

    Oui, c’est une âme capable de beaucoup souffrir sans rien montrer. Il a une très haute conception du devoir et l’on peut se fier à lui sans réserve.

    Renaud songea : Elle doit l’aimer. Je ne m’en étonne pas, car il paraît fait pour attirer une nature telle que la sienne. Quant à lui...

    Sans songer le moins de monde à nier son amour pour sa jeune cousine, William avait reconnu tout à l’heure, devant Renaud, qu’il aimait Isabelle, et qu’il était libre, désormais, après un temps respectable de deuil, de lui proposer de devenir sa femme.

    Croyez-moi, cher cousin, je me forçais à me tenir loin de ma cousine afin de ne pas céder à l’attirance que j’avais pour elle, avait-t-il ajouté. Lorsque je me suis rendu compte que cet amour défendu ne pourrait jamais être un jour envisageable, alors, sous divers prétextes, j’ai fait mon possible pour m’écarter d’elle autant que je le pouvais. Une seule fois, j’ai failli à ma résolution de ne la côtoyer que pour des choses ayant une importance pouvant se rapporter à des questions domestiques, et en présence de personnes, sachant que si je cédais à mon envie de la prendre dans mes bras, je ne pourrais plus retourner en arrière. Le jour de la soirée au château neuf : nous nous sommes retrouvées par hasard aux colonnades. Nous discutions de ma belle-mère et de ma femme, quand une envie irrésistible de l’embrasser me poussa à la prendre dans mes bras, de la serrer contre moi tout en embrassant ses lèvres innocentes alors qu’elle ne s’y attendait pas. Isabelle fit son possible pour que je reprenne mes esprits en étant rationnelle et pleine de bon sens. Je lui demandais de me pardonner mon égarement en lui disant de partir de Monteuroux avant qu’il ne lui arrive malheur. Ludivine qui disait avoir des sentiments pour moi, et mon fils, m’interdisaient de penser à Isabelle. Cela m’a fait reprendre pieds dans la réalité. Personne n’a jamais rien su du baiser que je lui avait volé. Ludivine, jalouse, soupçonnait notre attirance mutuelle. Elle harcelait Isabelle avec ses insinuations dès qu’elle se voyaient. J’avais beau la remettre à sa place, c’était avec un plaisir machiavélique sous son air angélique et son sourire mielleux, que de faire, sans en avoir l’air, des allusions sur notre amitié qui, pour elle, était douteuse. Ma cousine ne pouvait plus supporter sa fausseté. Quant à moi... mon unions avec Ludivine, n'était qu'un simulacre de mariage... je n'était pas heureux.

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