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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Succinctement, mais vous me direz tout cela plus tard. Mieux vaut ne pas remuer ces pénibles souvenirs encore trop présents. Parlons d’autre chose.

    Et il donna des nouvelles de son père, d’Alice, de tous ceux qu’Isabelle avait connu en Angleterre. Elle se délectait de ses paroles en voyant son rassurant visage souriant, la ferme bonté de son regard, et elle sentait descendre en elle un apaisement bienfaisant. Ses nerfs mis à rude épreuve par la commotion cérébrale subie trois jours auparavant, et encore mal calmée, se détendaient enfin vraiment. Elle décida de se rendre avec son cousin à Aïgue-blanche, dans l’après-midi, pour le présenter à Marie-Catherine de Rubens et à ses enfants.

    Je pense qu’il va falloir aussi que j’aille voir votre père, et votre belle-mère aujourd’hui ? dit Renaud.

    Sans doute. Mais peut-être ne vous recevront-ils pas... elle, du moins. Le chagrin qu’elle éprouve d’avoir perdu sa fille et son petit fils en même temps est une dure épreuve pour elle, et je ne la crois pas en état de vous recevoir.

    J’ai rencontré le convoi tout à l’heure... et j’ai aperçu le comte Rubens-Gortzinski... brun, grand, mince, comme vous me l'aviez décrit naguère. A côté de lui devait être votre père, et votre belle-mère, mais je n'ai pas eu le temps de la distinguer. Après tout, à la réflexion, mieux vaudrait que je reporte à demain cette visite.

    Mais Renaud devait quand même faire la connaissance de Mr de Rubens ce jour même. Le comte apparut chez sa fille au début de l’après-midi, alors qu’elle s’entretenait avec son cousin et Adélaïde dans la pièce qui servait de salle à manger. Il parut contrarié à la vue du jeune homme et la cordialité qu’il lui témoigna ensuite, avait quelque chose de contraint. Renaud, très observateur, très fin dans ses jugements, avait l’impression que sa présence le gênait. Il allait se lever prétextant un désir soudain de faire un tour dans le parc, lorsqu’une question du comte à sa fille le fit changer d’avis.

    Voudrais-tu, Isabelle, me faire le récit exact de cette tragique promenade sur l’étang ?

    Le ton un peu brusque et menaçant, surprit le jeune homme, et sans doute aussi Isabelle, car elle regarda son père avec un visible étonnement, ne pouvant s’empêcher de lui en faire la remarque. Le comte attendait sans plus dire un mot. En termes brefs, avec une altération dans la voix, Isabelle fit le récit de l’accident, et quand elle arriva au moment crucial du drame, elle raconta ce qu’il s’était passé depuis l’instant où Ludivine, tenant Thierry par la main, l’avait abordée sur la berge de l’étang.

    Mr de Rubens l’écoutait d’un air perplexe, en tapotant nerveusement le bras du fauteuil où il avait pris place. Il eut un hochement de tête dubitatif quand Isabelle conclut :

    Je croyais pourtant avoir sauvé Ludivine ? On m'a dit qu'elle avait succombé à une congestion ?

    Oui. Tu ne savais pas qu’elle avait l’habitude de goûter vers cette heure-là ?

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