• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -180-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Quoi qu’il fît pour maîtriser son bouleversement, il ne pouvait s’empêcher de revoir cette mégère déversant ses accusations sur Isabelle. Adélaïde eut une exclamation lorsque, ouvrant la porte de sa chambre à laquelle il avait frappé, elle vit un visage décomposé par une révolte, et une colère dont elle ne connaissait pas encore la cause. Elle s’exclama :

    Mon Dieu, Monsieur ! Qu’avez-vous ?

    Il ne pouvait lui expliquer l’entrevue orageuse avec sa belle-mère, avant de savoir... Prenant cela pour une douleur légitime, Adélaïde osa lui confier ses regrets pour ce regrettable accident.

    Oh ! C'est une terrible chose, n'est-ce pas ? Tous deux ! Ce pauvre enfant !

    Oui, terrible…

    La voix de William était étranglée par la rage. Cependant, il essaya de se raisonner pour demander des nouvelles d’Isabelle.

    Comment-va votre protégée ?

    Nous avons eu très peur de la perdre aussi. La fièvre nerveuse semble avoir disparue, mais elle est, maintenant, prostrée. En ce moment, elle sommeille. Juliette est près d’elle.

    Elle s'est jetée à l'eau pour les sauver, n'est-ce pas ?

    Oui, la pauvre chérie ! Dans son délire causé par la fièvre, elle répétait : J’ai vraiment fait tout ce qu’ai pu pour les sauver ! C’est affreux ! J’ai vraiment fait tout ce que j’ai pu !

    Le docteur Pichon a expressément défendu qu’on l’interroge. Mais ce matin, d’elle-même, elle m’a raconté ce qu’il s’était passé. Ludivine a insisté pour qu’elle leurs fit faire un tour sur l’étang que réclamait Thierry :

    Le petit faisait un caprice parce que je ne voulais pas, étant occupée à peindre. Voyant qu’il ne se calmait pas, sa mère insista pour que je leurs fasse faire une promenade en barque. Je donnais mon accord pour cinq minutes seulement. Pendant que Ludivine me posait, comme à son habitude, des questions indiscrètes, continuant son caprice, Thierry se pencha à un moment donné pour atteindre les fleurs de nénuphars. Ludivine voulu le retenir et, par ce brusque mouvement, faisant un peu plus pencher la barque, elle est passée par-dessus bord en même temps que son fils. Je ne pouvais pas prévoir ce qu’il s’est passé. Je n’ai rien pu faire pour empêcher l’enfant et sa mère de basculer dans l’eau. Je n’ai pu que plonger pour essayer de rattraper Ludivine qui... je ne suis aucunement fautive de ce qu’il vient de se passer ! Vous me croyez au moins ?

    Calmez-vous mon enfant. Ne vous agitez pas. Adélaïde parlait avec une émotion contenue :

    Isabelle s’est jetée à l’eau, a saisi Ludivine par un pan de sa robe, et réussi à la ramener sur la berge aidé par André le jeune jardinier, puis elle est repartie chercher le petit Thierry.

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