• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -177-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Il approcha du lit de Thierry, écarta le voile et mit un baiser sur le front glacé de ce petit être qui avait été son fils. Se souvenait-il des paroles qu’il avait prononcé un jour à Isabelle ? J’aimerais mieux le voir mort, plutôt que de le voir, un jour, ressembler à sa mère. Et il était là, sans vie, cet enfant dont il avait accueilli la naissance avec une secrète joie, ce petit Thierry dont il avait vu avec désespoir s’accentuer, chaque année, la ressemblance physique et morale avec sa mère et sa grand-mère. Son vœu, sorti d’un cœur déchiré, venait d’être exaucé… Une porte s’ouvrit en face de lui, une femme vêtue de noir parut sur le seuil.

    Vous voilà enfin, William ! Lança Édith de Rubens.

    Oui : la dépêche de ma mère ne m’a pas trouvé hier à Rouen, car j’étais déjà parti pour Le Havre. J’ai appris le malheur en arrivant tout à l’heure chez moi.

    Venez, j’ai à vous parler.

    Il entra à sa suite dans la pièce voisine, qui était un petit salon séparant les chambres de la mère et de la fille. Édith de Rubens alla jusqu’à la fenêtre, puis se retourna et lui demanda brusquement :

    Peut-être n’avez-vous pas eu encore le temps de réfléchir à la singularité de cet accident ? A son opportunité, dirais-je même ?

    La Singularité ? L’opportunité ?

    Il dévisagea sa belle-mère avec une surprise mêlée de subite méfiance. Elle était pâle, avec des cernes bleuâtres sous les yeux. Mais son regard, d’une étrange nuance, luisait comme celui d’une yenne. Oui : son regard, comme sa voix ricanante, n’augurait rien de bon. A quoi devait-il s’attendre de sa part ?

    Oui, je le répète : l’opportunité. Cette promenade sur l’étang, Ludivine n’en avait pas la moindre idée quand elle est partie avec Thierry pour se promener dans le parc. On la lui a suggérée... puis, une fois sur l’eau, il a été facile de…

    William eut un haut-le-corps.

    Qu’osez-vous insinuer là, madame ?

    Le sang lui montait au visage, sous la poussée de l’indignation.

    Mais je n’insinue rien ! Je dis franchement ce que je soupçonne ! Ma pauvre Ludivine avait deviné la jalousie d’Isabelle. Elle connaissait la haine que celle-ci lui portait. Elle en a été victime, j’en suis persuadée !

    C’est abominable ! Je vous défends de dire un mot de plus contre Isabelle ! Elle... elle qui a essayé de les sauver, d’après ce que l’on m’a dit !

    Elle a fait semblant plus probablement ! Pensez donc ! L'occasion était trop belle !

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