• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -169-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    La jeune comtesse devait juste faire en sorte que l’on se pose les bonnes questions, et par déductions, que l’on découvre ce qui s’était réellement passé le soir de son soi-disant accident de sa mère, afin que la justice divine puisse faire son œuvre. Dieu lui avait permis de finir sa tâche ici-bas de façon à protéger sa fille. Son destin à Isabelle était de vivre. Et puis, dans cette vieille tour, que serait devenu, avec le temps ce tableau, dans les mains de cette femme mal intentionnée ?

    Dans son exil forcé, puisque probablement elle ne reverrait plus Monteuroux elle ne voulait pas garder l’image de son cousin marié, avec un enfant, et dont l’amour qu’ils ressentaient l’un pour l’autre était défendu. Elle voulait simplement conserver les preuves de ses racines et l’image de château vieux dont elle en connaissait tous les recoins, les passages secrets, les cachettes, et les endroits où elle aimait se dissimuler aux regards des importuns.

    C’était un vrai crève-cœur que de savoir qu’un jour, le château de Monteuroux ne serait plus dans la famille des de Rubens faute d’avoir suffisamment de moyens pour l’entretenir, alors que des joyaux inestimables dormaient dans la cachette secrète derrière les armes de la cheminée de sa chambre. Elle avait de la peine de ne pas pouvoir sauver le château pour son père. Mais elle n’en avait aucune pour cette femme. Isabelle portait là, un très lourd secret dont elle ne pouvait se servir pour sauver Monteuroux.

    Cheminant dans ses pensées et dans les sentiers recouverts de mousse, ses pas s'en retrouvaient feutrés et presque inaudibles pour qui ne savait pas qu'elle était dans les parages. Embarrassée par la végétation au long de laquelle, parfois, chantait une source, se mêlait le bruit d’une cognée troublant seule le silence dans l’ombre moite d'un après-midi déjà bien avancé ou s'annonçait les prémisses d’un nouvel orage, Isabelle cheminait, se souciant guère du bruit que faisait le jeune bûcheron.

    Trois jours, depuis la demande en mariage de Frantz Müller, s’étaient écoulés. Ce matin, elle avait, à cause de sa fatigue physique et morale, complètement oubliée que son père lui avait demandé de réfléchir encore afin de rendre sa réponse. Pourtant, sans aucune équivoque, elle lui avait signifié son refus ferme et définitif. Vraiment, pouvait-il, un seul instant, supposer sérieusement que la fortune et le prestige de cet étranger complètement inconnu la veille du bal, aurait quelques effets sur elle ? Pensait Isabelle. Mais ce n’était là qu’un petit ennui : un ennui qui passait presque inaperçu au milieu du grand orage morale où se débattait son cœur. Le bruit de la cognée se fit plus distincte au fur et à mesure qu'elle avançait. Au bout du sentier débouchant sur l’étang, Isabelle aperçut, entre les arbres, Bertrand, le jeune jardinier, occupé à abattre les basses branches d’un mélèze. C’était l’heure où le soleil se préparait doucement à disparaître derrière l’horizon. Il n’éclairait plus que la partie de la pièce d’eau où s’étalaient le jardin de nénuphars arborant ses merveilleuses fleurs.

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  • Commentaires

    1
    Jo
    Mardi 30 Avril à 18:12

    Hello Ghislaine

    Une bien jolie description de scène et de situation, bravo

    Un admirateur emplumé le ci-devant Le Condor

    Gros bisous

    Jo

      • Jeudi 2 Mai à 14:32

        Bonjour mon cher Jo,

        Je suis heureuse lorsque tu viens me rendre visite :

        Cela me fait toujours un immense plaisir.

        Gros bisous, Ghis.

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