• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -168-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Isabelle trouvait son père pensif.  Peut-être se rendait-il compte de la futilité de cette vie trépidante qu’il menait avec sa deuxième femme au lieu de se reposer auprès de sa première épouse si elle avait encore été de ce monde. De son avis, il n’avait guère une vie saine avec cette maudite femme. Isabelle ne pouvait s'empêcher de penser à la d'Argenson qui, sans doute, s'ingéniait à empoisonner à petite dose son époux, d'où son air fatigué, si peu  disposé à paraître à son avantage... Pendant qu'elle était plongée dans ses tristes pensées, un danseur vint inviter Juliette, puis un autre invita la jeune comtesse à danser. Prétextant une migraine et une fatigue subite, Isabelle refusa poliment pour s’éclipser de ces lieux qui l'ennuyaient au plus haut point, sans éveiller l'attention de son père. Discrètement, elle se faufila derrière les tentures, se retrouva dans ce que l'on pouvait nommer pour un temps le vestiaire.

    Le petit salon lui permit enfin de sortir pour de prendre l'air. Par une des portes vitrées qui donnaient sur la terrasse, des invités se promenaient dans le parterre où se formaient des groupes et où l’on causait en fumant. Quelques lampes magnifiées par différentes couleurs, répandaient dans la nuit, une discrète lumière. Ludivine, silhouette claire au bord de la terrasse, gloussait, entourée d’un groupe de jeunes femmes jacassantes, et de jeunes hommes à sa dévotion.

    Isabelle se faufila sans bruit recherchant la pénombre et se glissa le long de la charmille qui bordait le parterre inférieur. Elle sentait dans tout son être comme une grande confusion. Soudainement elle se rendit compte qu'une fatigue inaccoutumée l'affaiblissait au point de s'évanouir si elle ne résistait pas à l'envahissement de cette désagréable sensation. Fallait-il l’attribuer à cette chaleur étouffante ? La lourdeur de l’air l’empêchait de respirer correctement. Son souffle était court. L’orage n’était pas loin. Ne ferait-elle pas mieux de regagner la vieille tour au plus vite ? Cette atmosphère moite ne dissipait pas son malaise. Elle avançait d’un pas hésitant le long du petit miroir d’eau où se reflétait la lumière voilée d’une lampe à la teinte orangée. Elle se dirigea vers la statue du jeune cupidon potelé et son carquois chargé de flèches, puis elle contourna la petite colonnade de marbre rose et s’avança vers la balustrade qui terminait le parterre ou elle retrouva un peu de souffle. Quelqu’un s’y trouvait déjà. En effet, un homme se tenait debout, les bras croisés, face à la campagne qui s’étalait dans la nuit devant lui.

    Il se détourna, eut une légère exclamation en apercevant Isabelle qui s’était immobilisée. Pour se donner une contenance, elle osa ces quelques mots :

    — Oh ! C’est vous, William ! J’ai eu peur en apercevant une hombre masculine sans réussir à distinguer qui pouvait être la personne. J’étais prête à m’en retourner...

    Sa voix avait une intonation d’allégresse.

    — Vous en avez eu assez comme moi ? Fît le jeune comte.

    Elle s’approcha de lui, un sourire détendant ses lèvres qui, l’instant d’avant, étaient crispées par cette mystérieuse angoisse qui l’avait étreint jusqu'à cet instant.

    — Ah ! Tout à fait assez ! Je l’ai dit à Juliette, et j’ai filé à l’Anglaise.

    — Je comptais descendre par le sentier, mais il m’a pris l’idée de venir ici...

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