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     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Les arbres sur les pentes douces, n’étaient plus que de sombres masses informes. Ce crépuscule de fin d’été laissait progressivement la place à une armada de constellations. Levant les yeux sur ce spectacle magnifique, Isabelle vit scintiller l’étoile du berger dans toute sa luminosité. Puis elle ramena ses yeux vers la terre et son regard erra le long de la vallée, jusqu’à cette allée bordé de grands ormes qu’elle ne voyait plus, mais dont elle devinait les formes dans les ombres arborescentes de la nuit complètement descendu sur château vieux. A cette heure, ils devaient être tous les quatre dans le jardin, devant les fenêtres du salon. Tous les quatre... et peut-être aussi… Ludivine ? Non. Ludivine passait ses soirées à Monteuroux depuis que le château abritait des hôtes fortunés. Ils étaient donc seuls, délivrés de cette présence malfaisante malgré ses attitudes câlines pour mieux tromper son monde.

    Que ressentait William en ce moment de détente ? Avait-il encore ce visage sombre comme la plus sombre des nuits d’hiver ? Le cœur d’Isabelle se gonflait d’émotion douloureuse en pensant à lui. Légèrement penchée, elle regardait ardemment vers Aigue-blanche et songeait :

    — Que ne puis-je lui enlever cette souffrance ! Ah ! Le rendre heureux au prix même de ma vie !

    Isabelle sentait l’exaltation monter en elle, ce qui la fit frissonner. A cet instant même, dans le cri passionné de son cœur, tout s’éclairait. Elle venait de comprendre qu’elle aimait William de tout son être. Ses genoux fléchirent, elle glissa sur le sol et appuya ses bras contre l’appui de pierre. Le visage brûlant entre ses mains moites, elle se mit à sangloter. Lorsque Adélaïde, le lendemain matin, s’inquiéta de sa mine défaite, elle reçut d’Isabelle cette stupéfiante réponse :

    Je ne me sens pas bien, en effet, et je crois que l’existence à Monteuroux ne me va plus depuis que je sais que Ludivine a décidé de rester encore jusque en octobre. Cela ne m’enchante guère de supporter sa détestable présence encore un certain temps. Jamais elle ne reste plus tard que la fin septembre. Pour moi, c'est déjà trop, et il me semble qu’elle veuille encore rester jusqu'en octobre. Elle n’aime pas la campagne... Mon père et la d’Argenson ne seront plus là. Elle ne sera plus qu’avec son fils, et l’envie d’embêter son monde à Aigue-blanche. Elle sait que je ne compte partir qu’au début de l’hiver. Je crois comprendre la raison de son changement de programme. Je vois bien qu'elle éprouve un sentiment de jalousie qu'elle ne prend même pas la peine de cacher.  Je me doute que le rapprochement entre William et moi, la dérange.

    Le château va être mis en vente ? Je ne veux pas assister à cela. Nous irons en Bretagne... à L’Orient, dans cette petite pension de famille dont nous parlait Anne-Lise, l’amie d’Alice, la jeune sœur de mon cousin Renaud. Nous y ferons un long séjour avant de partir pour Paris ou je commencerais mes activités.

    Vous...vous tenez à quitter Monteuroux  avant qu'il ne soit vendu ? Balbutia Adélie toute peinée.

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