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    Ses yeux mordorés qu’une ombre semblait cerner, laissaient lire une angoisse difficile à dissimuler. William, malgré sa réserve, avait remarqué cette douloureuse expression qui assombrissait le beau regard d’Isabelle. Pour détendre l’atmosphère, Juliette la complimenta sur sa tenue :

    — Vous êtes exquise ma chère et douce amie ! Cette toilette d’une simplicité raffinée, vous va à ravir ! N’est-ce pas William ?

    — En effet.

    Cette voix brève, indifférente, ce regard qui l’effleurait à peine et se détournait aussitôt... 

    Le cœur d’Isabelle s’arrêta un instant sous l’afflux d’une soudaine gêne. Elle avait une envie folle de s’éclipser, mais d'autres invités entraient. Les deux jeunes filles et le comte de Rubens-Gortzinski s’en allèrent vers les salons. En présence de sa belle-mère, Isabelle dut se raidir pour ne pas reculer. Souriante, affable, ne paraissant pas voir la subite  hésitation de sa belle-fille à la saluer, Mme de Rubens la présenta à ses hôtes.

    En dépit de sa froideur dont elle voulait se faire un masque, Isabelle fut aussitôt très remarquée, tout particulièrement par un homme d’une trentaine d’années. Il avait une belle prestance et semblait très fier de sa personne. Il se montra aussitôt très empressé auprès d’elle. Frantz Müller était un peintre Autrichien dont la notoriété dans toute l’Europe était très grande. Après avoir dansé une première danse avec lui, elle écouta, sans grand intérêt, ses dissertations sur les maîtres de l’école Flamande dont il était un fervent admirateur. Sans en avoir l'air, ils avait entraîné la jeune fille qui, par politesse, l'avait suivit, et ils avaient prit place sur un des sofas se trouvant à disposition pour les invités désirant se reposer dans la bibliothèque, à l’écart des danseurs. Isabelle en avait assez de cet homme visiblement très imbu de lui-même, et elle ne savait pas comment se dégager de son emprise. En levant les yeux, elle aperçut tout à coup William, debout dans l’embrasure de la porte, les bras croisés, droit dans ses bottes et mince dans le smoking qu’il portait avec une rare élégance. Il regardait... Quoi, au juste ? Il semblait fixer le fond de la bibliothèque où Isabelle était assise avec le peintre. 

    Ludivine cherchant son époux, le trouva à l'entrée de la bibliothèque. Câline, elle s'crocha à son bras et lui demanda :

    Vous ne dansez pas, mon ami ?

    — Je ne danse pas. Répondit sèchement William. Trouvez-vous un cavalier pour vous faire valoir sur la piste de danse. N’avez-vous pas une cour à séduire ?

    — William, mon ami ! Comme vous pouvez être désagréable en ce moment. Pourquoi êtes-vous si rustre ?

    — La danse ne me dit plus rien et d’ailleurs, je n’avais guère envie de venir. Demain je me lève tôt, et je n’ai pas de vie mondaine à assumer. 

    — Vous pourriez au moins me faire honneur ! Vous être mon époux !

    — Quand cela vous arrange ! Que voulez-vous que je vous dise, ma chère ! Vous avez dû vous rendre compte que vous aviez épousé un paysan ! Il vaut mieux ne rien attendre de moi, comme je n’attends rien de vous... du reste. Je ne connais personne ici. De ce fait, je ne vais pas m’éterniser. Je laisserai la voiture pour Juliette, et rentrerais à pied. 

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