• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -165-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Le comte remarqua le raidissement subit d’Isabelle, l’accent plus sec de sa voix, et il ne pu s’empêcher de lui en faire la remarque :

    Et bien voilà un accueil chaleureux ! Je n’ai rien que d’agréable à te dire, ma fille…

    Qu’avez-vous de si important à me dire ?

    Comment te dire cela ? Je dois intercéder en faveur d’un prétendant, auprès de toi, pour une demande en mariage.

    Elle répéta, surprise :

    Une demande en mariage ? Pour moi qui ne connaît personne ?

    Pardon, tu connais Frantz Muller.

    Frantz Muller ? Ce monsieur avec qui j’ai dansé quelques instants ?

    Oui Muller, le grand peintre sur qui tu as fait grande impression.

    Ce n’est pas réciproque, dit ironiquement Isabelle.

    Tout en parlant, ils s’étaient mis à marcher le long du parterre. Dans le frais crépuscule s’exhalaient des parfums de résine des épicéas. Le son d’un orchestre et une voix de féminine chantait : Mon cœur soupir de Mozart, venant des salons de château neuf, et qui arrivait jusqu’à eux. La douceur de cette voix musicale n’empêcha pas son père de poser la fameuse question à laquelle Isabelle s’attendait. Quant aux quelques réflexions insidieuses et très déplaisantes dont elle allait devoir faire face, elle s’y était préparée.

    Il ne te plaît pas ?

    Il m’est indifférent, voilà tout.

    Tu devrais considérer la question, il est très recherché. Il est fort riche et déjà un homme tout à fait arrivé. Aimable, intelligent, d’une bonne famille de la bourgeoisie viennoise, et connue de toute l’Europe. C’est un parti absolument inespéré pour toi. Il m’a demandé ta main et j’ai dû lui promettre de te parler le plus tôt possible.

    Vous lui direz que je regrette de le décevoir, mais que je ne désire pas me marier un jour.

    Ce serait une folie, Isabelle ! Dans ta situation, sans dot...

    Je n’accorde aucune importance à ce détail, père. Je préfère travailler que de faire un mariage de ce genre.

    Oui, oui, mais tu changeras peut-être d’avis, plus tard, quand tu auras bien peiné pour arriver à une situation médiocre, alors que tu pourrais être une femme adulée, enviée…

    Non. N’insistez pas. Je vous ai dit que faire un mariage de convenance ne m’intéresse aucunement.

    165

    sceau copyright  

     

    « Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -164-Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -166- »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :