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     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Il n’était pas question qu’elle déclare à son père, ce qu’elle avait découvert au sujet du meurtre de sa mère en accusant Édith d’Argenson d’en être la cause directe ou indirecte, et que si elle était au fait de ce qu’il s’était passé seize ans auparavant, c’est que sa mère lui étant apparu par deux fois sur les berges de l’étang-aux-ormes, encore cette nuit dans sa chambre, lui confiant ce qu’il s’était vraiment passé le soir du soit disant accident.

    Tout était clair dans son esprit. Le doute de la jeune comtesse était fondé. A présent elle craignait, pour sa propre sécurité. Isabelle avait, maintenant, en sa possession, trois preuves que sa mère avait laissé exprès derrière elle. La jeune comtesse sentait bien qu’il lui serait tout à fait impossible, tant qu’il n’y aurait aucune autre preuve tangible que sa belle-mère ne pourrait réfuter, pour faire admettre à son père ces terribles accusations contre sa deuxième femme. Il ne la croirait jamais ! La chose était certaine ! Il penserait que sa fille était dérangée : c’était une évidence ! Son père s’empresserait d’aller mettre au courant sa marâtre et sa belle-fille des dernières élucubrations. Accuser sa femme d’être responsable de la mort de Daphné de Rubens serait inconcevable pour lui ! Certainement qu’Édith, en apprenant qu’Isabelle savait, lui conseillerait de la faire soigner pour démence dans l’un des meilleurs hôpitaux psychiatriques des environs où elle serait prise en charge et, naturellement, très bien soignée ! L’argent de son père faisant défaut pour cet internement, la d’Argenson se proposerait, par complaisance, d’en payer les frais. Pour sa belle-mère, ce serait là, une solution idéale afin de jouir d’une tranquillité définitive concernant ce crime dont sa belle-fille l’accusait d’avoir perpétré il y a de cela seize ans, afin de prendre la place de sa mère.

    Isabelle, était lucide. Elle vivait la scène en boucle et tournait tout cela dans sa tête sans arriver à une conclusion. Décidément, ce n’était pas la voie qu’elle devait choisir pour se sortir de cette impasse. Il ne fallait rien attendre de son père. Sa mère lui avait encore recommandé de se taire, de ne rien dévoiler de tout ce qu’elle savait à quiconque, et que la justice divine interviendrait en son heure.

    Rien ne devait changer ses habitudes sous peine d’être elle-même en danger de mort. Isabelle se sentait tellement mal en point, qu’Adélaïde l’obligea à se recoucher sans comprendre cet état de faiblesse. Dans le silence de sa chambre, son désespoir grandissant, que de larmes cachées avait-elle verser… Juliette vint la voir dans l’après-midi. Elle était fraîche comme une rose et convaincue qu’à la réception, elle ne s’était pas du tout ennuyée ainsi qu’elle se l’était imaginée. Isabelle l’écoutait, mais elle était ailleurs. Juliette se rendit compte que son babillage fatiguait son amie. Elle s’excusa, et dit avec une tendresse qui n’était pas du tout feinte :

    Ma pauvre chérie, je suis désolée de vous voir ainsi ! Pardon de vous ennuyer avec mes bavardages ! Ajouta-t-elle affectueusement. Cette soirée ne vous a pas réussi. A William non plus, d’ailleurs. Aujourd’hui, il est plus sombre que jamais, et d’une humeur massacrante.

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