• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -162-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Est-ce que depuis mon retour, un détail concernant le château m'a été délibérément caché ? Est-ce que ce changement s'est produit durant mes six années d'absence ? Serait-ce votre femme qui aujourd'hui, prend les décisions à votre place à Monteuroux ? Silence complet  sur le sujet. Surprise que son père ne réplique pas à ses attaques, Isabelle s’interrompit et suivit le regard de celui-ci qui n’écoutait plus rien. Son regard venait de tomber sur le portrait de sa première femme. Isabelle vit sa bouche trembler. Il détourna les yeux, les laissa un instant errer autour de la chambre. Puis il reprit :

    — Tu aurais pu te loger, accompagnée d'Adélaïde, à château neuf lorsque nous n'y sommes pas ! Rien ne t'en empêchait... et tu le pourras encore, tout au moins lorsque nos hôtes n’y seront plus, si tel est ton désir.

    — Je te répète que je me trouve très bien ici. Je ne suis aucunement dérangée par des présences indésirées. D’ailleurs, pour y être restée à demeure des années pendant lesquelles vous viviez pleinement votre nouvelle union, je ne vois pas la raison pour laquelle je devrais vivre à château neuf. Je puis donc rester encore quelques mois dans la vieille tour à laquelle je suis habituée, puisque Monteuroux va être vendu.

    — A ta guise ma fille. Je vois que ta rancœur est tenace, que tu as la répartie facile en plus de ton esprit de contradiction. Surveilles-toi sur ce point, je te le conseille.

    — C'est un petit coup de patte griffue de votre femme par procuration ? Lança Isabelle avec une révolte non déguisée mêlée d’ironie. Je me trouve tout à fait accomplie dans ce domaine. Je n’ai nul besoin que ma belle-mère me donne son point de vue par votre intermédiaireJe ne compte pas changer ma façon de faire, ne vous en déplaise !

    Depuis son retour, Isabelle n’était pas en reste pour envoyer quelques bons piques en réponse à son père. Mr de Rubens se leva, fit quelques pas dans la pièce, puis il prit congé de sa fille en pensant qu'elle avait une répartie  qui le mettait très mal à l'aise, ce qui ne facilitait pas le contact avec elle.  

    Avant de franchir la porte, il s’enquit en levant la main vers le plafond :

    — Ta tante Victoria est assez sérieusement souffrante, paraît-il ?

    — Oui, Antoinette m’a dit que ma tante Victoria avait ce qui s’apparentait à une congestion pulmonaire. 

    Le docteur ordonne beaucoup de précaution et de repos, mais il est très dur de lui faire observer ces conseils, particulièrement pour les sorties du soir, au bord de l'étang. Je ne sais ce qui l'attire en cet endroit ?

    — Pauvre Victoria ! Fît son père. Quelle existence ! Son cerveau est atteint, je le crains. Elle a toujours été d’un caractère assez difficile, assez fantasque. Nous l’avons toujours attribué, en partie, à son infirmité qui a été, pour elle, la cause d’une grande souffrance morale. Je soupçonne, chez elle, une très forte déception sentimentale. Un de mes amis, Pierre-Auguste de Lavallière venait fréquemment chez nous. C’était un garçon charmant à tous points de vue. Victoria, d’une intelligence très brillante, d’un esprit vif et original, aimait beaucoup converser avec cet ami que je ne voie plus depuis qu'il s'est établit à Paris. Intellectuellement, elle avait avec lui de longues conversations. Il l’admirait beaucoup son intelligence et il se plaisait à rester auprès d’elle rien que pour échanger sur des tas de sujets en plus d'admirer la beauté si particulière de son visage dont le charme était, d'après-lui, indéfinissable. Il est incontestablement vrais que tu lui ressembles beaucoup, ma fille ! 

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