• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -157-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Votre belle-mère, oui. Mais Ludivine, ne serait-ce que pour nous gêner avec sa présence impromptue, a décidé de rester encore à Aïgue-blanche.

    Ludivine ? Quoi, elle renoncerait au séjour en Italie au lieu de la Baule ?

    Oui... et c’est précisément ce qui me…

    Il n’acheva pas sa phrase. Dans son accent, de l’angoisse passait. Son regard accoutumé à cette demi-obscurité, contemplait avec une ferveur mêlée de désespoir ce beau visage de femme si expressif. Toute frémissante, Isabelle dont les yeux nimbés d’un rayons lunaires dévoilaient, en cet instant, une forte émotion d’être aussi prêt de William.

    Isabelle ! Partez de ce château ! Je vous en supplie !

    Il y avait une supplication passionnée dans cette voix d’homme qui la fit tressaillir. Leur visage était si proche, qu’elle tremblait de tous ses membres.

    Elle protesta vivement :

    Partir ? Quitter Monteuroux ? Je ne le veux pas… je…

    Les lèvres brûlantes de William, irrésistiblement, se posèrent sur celles de la jeune comtesse, L’empêchant de terminer sa phrase. Il l’avait prise dans ses bras alors qu’elle était prête de défaillir. Ce baiser chaste la bouleversait.

    Il relâcha son étreinte en prenant soin de retenir Isabelle qui ne tenait plus sur ses jambes. Jamais la jeune femme n’avait été embrassée ? Elle était troublée, défaillante, et ne comprenait plus le revirement de son cousin.

    William, pourquoi ?

    Pardonnez-moi pour mon geste ! Mes sentiments ont submergés ma volonté. J’ai deviné vos sentiments à mon égard. Je sais très bien qu’il ne peu rien y avoir entre nous deux à cause de ce simulacre de mariage ; mais je vous aime, et c’est très dur de vous voir, de ne pas vous parler librement ! Hélas, je vous sais en danger Isabelle. Il vous faut partir ! Ludivine peut vous nuire, Isabelle. Elle le peut…

    Les lèvres de William avaient, de nouveau, rejoint les siennes, les caressant tendrement, amoureusement. Elle ne pouvait plus se séparer de celui dont le regard perçant, dans ce clair-obscur, l’hypnotisait. Toute retournée, essayant de retrouver ses esprits, Isabelle osa :

    William, je… que faites-vous ? Vous… vous savez bien... pour nous, que c’est impossible !

    Douce Isabelle ! Je préfère vous voir partir ; mais, au fond de moi, je ne le veux pas. Ne plus vous voir serait trop dur, et pourtant, il le faut ! Pardonnez-moi pour cet instant d’égarement ! J’ai perdu la tête à votre contact. Cela fait si longtemps ! Vous sentez que ce que nous éprouvons l’un pour l’autre, est très fort ! Il est dur de se voir et de ne pas succomber à notre attirance mutuelle ! J’ai tant lutté pour ne plus vous rencontrer autant qu’avant, Isabelle.

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