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    Je venais chercher un peu d’air dans ce lieu ombragé le jour, et je crois que c’est bien utile ce soir, car dans les salons, l’air est irrespirable avec tout ce monde, le bavardage de ce peintre, cette chaleur étouffante, et les gens qui fument... Du coup, je me retrouve avec une atroce migraine. Le plus raisonnable serait que j’aille me coucher.

    Certainement. Je vais en faire autant. Bonsoir Isabelle.

    Elle lui tendit sa main brûlante, moins encore peut-être que celle qui la serra d’une brusque étreinte.

    Bonsoir. Vous voudrez bien dire à Juliette que j’ai dû me retirer plus tôt, me sentant souffrante.

    Oui... Mais qu’avez-vous, Isabelle ? Votre voix n’est plus la même.

    Il pencha son visage vers le siens pour tâcher d’apercevoir ses yeux si expressifs au milieu de cette pénombre.

    Vous souffrez, dites-vous ?

    J’ai éprouvé une vive émotion très pénible en entendant confirmer par Adélie ce que je soupçonnais déjà depuis longtemps.

    Vous soupçonniez quoi ?

    Que ma mère a souffert par la faute de votre belle-mère... et de mon père.

    William dit à mi-voix, avec une douceur compatissante :

    Pauvre Isabelle !

    Vous le saviez, William ?

    Ma mère m’avait parlé de tout ce passé douloureux. Elle aimait beaucoup votre mère, et tout d’abord, tint quelque rigueur à la nouvelle comtesse de Rubens. Mais elle se laissa prendre ensuite par cette habile et astucieuse femme... et j’ai été assez fou pour en faire autant, acheva-t-il entre ses dents.

    J’étais la seule à y voir clair, dit pensivement Isabelle. Je ne mis guère de temps à deviner leur petit jeux machiavéliques. Que je me sois rendue compte, si jeune, de quelque chose concernant leurs comportements, ni la d’Argenson, ni sa fille, ne me l’aurait jamais pardonné si je leurs avais donné matière à soupçonner que je les avais percé à jour...

    Oh ! Certes ! Vous êtes une âme trop droite, trop pure pour que la perfidie ne s’acharne pas contre vous. J’aimerais mieux vous savoir loin d’elles, Isabelle.

    Isabelle leva les épaules.

    Que peuvent-elles me faire ? D’ailleurs, elles n’ont plus que peu de temps à demeurer et vivre ici, puisque le château va être vendu.

    Cette phrase, annonciatrice d’un quelconque départ prévu... ou imprévu, s’était imposée à elle sans qu’elle n’ait pu en prévoir la signification exacte qui allait survenir dans les jours prochains... Une prémonition, sans doute, l’avait poussé à prononcer ces mots sans qu’elle en soit consciente.

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