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    Ce regard détaillait cette souple silhouette vêtue d’une robe légère parsemée de petites fleurs blanches qui lui allait à ravir. Elle était très belle et son visage, encadré de boucles blondes aux reflets satinés, était d’une grâce et d’une régularité parfaite, ce qui la rendait jalouse...

    Isabelle la suivait des yeux avec une expression de mépris. Sur les lèvres de Ludivine, le sourire devint un rictus tandis qu’elle murmurait pour elle-même :

    — Que de choses intéressantes l’on découvre parfois dans des ruines…

    Quand celle qu'elle ne pouvait supporter eut disparue de sa vue, Isabelle retourna de nouveau s’asseoir sur le rebord de la baie. Elle n'était plus à ses dessins. Ses coudes sur ses genoux, puis son visage entre ses mains, elle songea :

      Il ne l’a jamais aimé. A cette constatation, son âme se remplit d’allégresse en re rendant compte d'un fait qui datait de des fiançailles de son cousin avec cette coquette de Ludivine. Avec quelle brusque franchise et quelle confiance il lui avait appris la vérité sur son mariage et laissé voir quelque chose de sa souffrance. Ah ! Que ne pouvait-elle apaiser celle-ci... l’en délivrer ? Son regard errait sur les collines assombrit par un ciel d’orage menaçant, sans vraiment les voir. Le ciel était plombé sur la vallée engourdie dans cette lourde chaleur de cet après-midi de fin juillet. Elle ne savait pourquoi, mais elle sentait qu’un malaise s’insinuait en elle. Des événements allaient certainement changer le cours des choses. Il y avait un air malsain qui n’augurait rien de bon pour les jours à venir. Isabelle repensait à sa tendre mère qui avait prononcé ces paroles de méfiance envers les habitants de Monteuroux. Sa tante Victoria l’avait également prévenu des possibles agissements de sa belle-mère. Peut-être bien que Ludivine pourrait être l’instigatrice de féroces agissements contre sa propre personne, et qui viendrait sournoisement de sa belle-mère ? La méfiance devait habiter son âme. Isabelle devait demeurer sur ses gardes.

    Depuis la surprenante visite de Ludivine qui les avait surpris en pleine conversation intime les concernant, et qu’elle n’avait pas à savoir, une soudaine angoisse ne quittait plus son esprit. Le doux visage trompeur de Ludivine, son air câlin, son sourire sucré qui démontrait, chez elle, une fausseté, horripilait Isabelle et ne trompait personne. Pendant une seconde, elle se remémora, la bouche de sa grand-mère qui, en s’en allant loin de ce monde dont elle s'était volontairement coupée depuis le mariage de son fils, avait eu un rictus, accompagné d'un rire silencieux emplit de haine. Isabelle frissonna, saisie d’un obscur pressentiment. La jeune fille se redressa, la poitrine oppressée, et songea que cette Ludivine avait vraiment, comme sa mère, quelque chose de maléfique en elle. Soudain, elle se surprit à parler toute seule :

    — Mais je ne suis plus l’adolescente d’autrefois ! Et que peux-tu, à présent, contre moi ? Après tout, nous n’avons que deux ans de différence. Tu ne m'impressionnes pas avec tes sous-entendus. Te tenir tête m’est facile. Je verrais bien jusqu’où peut aller ta fourberie... 

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