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    Que voulez-vous que je vous dise, ma chère : Vous avez dû vous rendre compte que vous aviez épousé un paysan ! Il vaut mieux ne rien attendre de moi, comme je n’attends rien de vous... Du reste, comme je ne connais personne ici, je ne vais pas m’éterniser. Je laisserai la voiture pour Juliette, et rentrerais à pied. Ça me fera le plus grand bien. J’ai un mal de tête que l’air frais de la nuit pourra certainement calmer.

    Il s’écarta de la porte et s’éloigna, suivit de Ludivine qui, décidément ne se décollait pas de lui...

    Isabelle n’écoutait plus le peintre que d’une oreille distraite. Au bout d’un instant, elle se leva en disant qu’elle allait retrouver Juliette. L’Autrichien l’accompagna jusqu’au salon où sa jeune amie, au milieu d’un groupe de jeunesse, causait gaiement. Elle s’assit près d’elle et demanda :

    William est parti ?

    Oui. Il m’a dit qu’il ne s’attarderait pas et retournerait à pied chez nous, puisqu’il ne veut pas danser, et que cette soirée ne représente pour lui qu’une corvée. Il a fait une apparition, c’est tout ce que l’on peut attendre de lui.

    Évidemment. Et j’ai bien envie de l’imiter, puisque je ne suis pas non plus ici pour mon plaisir, dit Isabelle : je ne se sent pas bien.

    Le cœur étreint par un malaise dont elle connaissait la source, elle regarda du côté de son père. A l’autre extrémité du salon, Édith était entourée d’une petite cour à sa dévotion. Sa robe de soie lamée d’argent, la mettait en valeur ainsi que l’admirable collier de topazes bleues, depuis deux siècles dans la famille des de Rubens, agrémentant agréablement son cou d’un galbe parfait. L’étroit bandeau de diamants glissé entre les ondulations de ses cheveux brun, composaient un ensemble savamment étudié. Elle aimait faire valoir sa beauté ! Frisant ses quarante-cinq ans que les effets du temps ne semblaient pas avoir touché. La d’Argenson rayonnait, se sentant la reine de la soirée. On ne pouvait le nier : sa beauté encore intacte que bien des femmes de l’assemblée devaient lui envier, était sa fierté. A ses côtés, son père, très élégant dans son smoking, portant haut le titre des de Rubens, n’arrivait pas à lui faire de l’ombre. Il était, en quelque sorte, le cher époux de Mme la comtesse qui avait l’air de sérieusement s’ennuyer. Isabelle l’observait à la dérobée, se disant qu’il ne donnait pas l’impression d’être très à son aise au milieu de tout ce monde, pas plus qu’il n’affichait, un évident plaisir à suivre sa femme, et faire bonne figure à cette réception. La jeune comtesse le savait fatigué et cette fête ne devait pas lui faciliter le repos qu’une cure nécessite après chaque séjour. Une tempête s’éleva dans le cœur d’Isabelle. Cette femme avait prit la place de sa mère, et avait éclipsé Daphné dans le cœur de son époux tant aimé ! Elle devait : elle en était sûr, y être pour quelque chose dans sa disparition...

    C’était trop insoutenable de la voir là, triomphante, admirée de toute cette assemblée frivole, heureuse d’être une de Rubens.

     

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