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     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Et votre mère aimait tant son mari ! Votre mère avait une âme dénuée de méchanceté et si sensible… Isabelle laissa retomber sa main, prit sur un siège, son petit sac de satin perlé, une écharpe de dentelle blanche qu’elle jeta sur ses épaules, puis elle se pencha pour mettre un baiser sur le front de sa vieille amie.

    Bonsoir, Adélie. Je n’espère pas rentrer trop tard. En tout cas, dormez tranquillement, et ne m’attendez pas.

    Adélie jeta un coup d’œil inquiet sur le visage un peu tendu de sa jeune protégée dont les yeux s’allumaient d’une lueur de douloureuse colère.

    Ne vous tourmentez pas trop pour ce que je vous ai confié, ma chérie. Ce fut une très grande épreuve pour votre pauvre mère, mais Dieu lui a donné la récompense éternelle, et elle désapprouverait que vous gardiez du ressentiment à l’égard de ceux qui l’ont fait souffrir.

    Isabelle répondit d’une toute petite voix :

    Après avoir enduré tant de souffrance, aller mourir si jeune, noyée dans les eaux froides de l’étang, vous appelez cela une récompense ? Et qui oserait me dire que c’est bien un accident dont ma mère à été victime ?! Personne ! Ne serait-ce pas plutôt une malveillance de la part de cette femme pour prendre la place de ma mère auprès de mon père ?! Qui me dit que cette mort est bien accidentelle ?! Vous savez ce que j’en pense, et ce, depuis mes seize ans, Adélie !

    Sur cette phrase, Isabelle quitta la pièce en laissant son amie sans voix. Elle se sentait encore trop imparfaite pour ne pas en vouloir un peu plus à cette Édith de malheur qui avait fait souffrir sa mère en brisant son couple. Ses parents s’aimaient avant qu’elle n’apparaisse dans leur vieIsabelle venait de comprendre bien des choses, et trouver la raison soulevant une interrogation qui, désormais, ne la quitterait plus. Un coin du voile entourant la mort prématurée de sa pauvre mère, venait de se lever. A présent, elle comprenait les avertissements de sa tante Victoria, ainsi que les recommandations de sa mère au bord de l’étang-aux-ormes. Elle descendit l’escalier de la tour et s’arrêta dans l’armurerie. Catherine avait convenu qu’elle serait avec William auprès d’elle afin qu’elle ne soit pas seule pour être présentée à cette société où elle ne connaissait personne.

    Le frère et la sœur apparurent presque aussitôt. Dans la pénombre de cette pièce mal éclairée, ils échangèrent quelques mots. Puis, par la galerie, tous trois gagnèrent le vestibule du rez-de-chaussée transformé, pour l’occasion, en vestiaire où les invités abandonnaient leurs écharpes ou leur capes.

    Dans la vive lumière des lampadaires, Juliette, vêtue de rose, apparut fraîche, vivante et rieuse comme à son ordinaire, quoi qu'elle attendît peu d’agrément de cette soirée à laquelle il lui avait paru difficile de ne pas faire, au moins, une apparition. Juliette se tourna vers Isabelle et considéra la souple silhouette vêtue de crêpe blanc. Elle remarqua son visage un peu pâle qui trahissait une profonde peine.

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