• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -151-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Après tant d’années, éprouvait-il encore du remord d’avoir repris femme après un deuil très court ? Le regret d’avoir trahi autrefois la confiance de Daphné, brisé son cœur en se laissant prendre aux filets de cette Édith d’Argenson ? Était-ce vraiment du remord, des regrets de n’avoir pas su aimer sa femme comme elle le méritait ? Avait-il toujours, après toutes ces années, des sentiments pour elle ? Car, à la réflexion, certaines réticences d’Adélaïde, un mot laissé échapper par Catherine de Rubens, amenaient peu à peu Isabelle à soupçonner que la vicomtesse d'Argenson avait mis la désunion dans le couple que formait ses parents…

     

    Isabelle eut la confirmation de la soirée quelques jours plus tard. Le soir de la réception où elle devait paraître, l’ennuyait au plus haut point. Adélaïde vint jeter un coup d’œil à sa toilette et, avec un hochement de tête signifiant qu’elle était tout à fait satisfaite de son apparence, elle déclara :

    Vous êtes très belle, ma petite Isabelle... très, très bien, votre toilette ! Votre pauvre mère, qui avait tant de goût, et s’habillait si parfaitement, n’aurait, je crois, rien à redire sur cette tenue.

    Isabelle passa une main nerveuse sur ses cheveux qui bouclaient autour de son front. D’un mouvement vif, elle se tourna vers sa vieille amie qui la considérait avec complaisance.

    Adélie, mère était une femme charmante, n’est-ce pas ?

    Tout à fait charmante ! D’une beauté blonde, discrète, mais sans fadeur, un esprit délicat, une élégance très fine. Oh ! Oui, délicieuse, ma Daphné !

    Mon père et elle, s’aimaient beaucoup ?

    Certes oui !

    Jusqu’à ce que cette briseuse de ménage paraisse dans l’entourage de leurs connaissances… je ne sais... je...

    Si, vous savez Adélie...

    Isabelle posa sa main sur son épaule. Elle répéta d’une voix qui frémissait :

    Vous le savez très bien, Adélie, que mère à été malheureuse à cause de cette femme ?

    Et bien… oui.

    A-t-elle beaucoup souffert ?

    Je le crois… oui.

    Pourquoi ne m’en avoir rien dit ? Pourquoi m’avoir caché sa souffrance ?

    Mais ma Daphné n’était pas femme à se plaindre. Elle ne se confiait pas facilement, même à moi dont elle connaissait pourtant tout le dévouement que je lui portais. Elle était d’une nature très secrète, et cachait sa peine avec le courage d’une âme fière. Cette souffrance était très dur à porter. pour elle. Mais comment lutter avec une femme habile, terriblement séduisante comme cette Édith d’Argenson.

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