• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -150-

      Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34- 

    Avant de franchir la porte, il s’enquit en levant la main vers le plafond :

    Ta tante est assez sérieusement souffrante, paraît-il ?

    Oui, Antoinette m’a dit que ma tante avait ce qui s’apparentait à une congestion pulmonaire. Le docteur ordonne beaucoup de précaution. Mais il est très dur de lui faire observer ses conseils, particulièrement pour les sorties du soir.

    Pauvre Victoria ! Quelle existence ! Son cerveau est atteint, je le crains. Elle a toujours été d’un caractère assez difficile, assez fantasque. Nous l’avons toujours attribué, en partie, à son infirmité qui a été, pour elle, la cause d’une grande souffrance morale. Je soupçonne chez elle, une très forte déception sentimentale. Un de mes amis, Pierre-Auguste de La vannière, venait fréquemment chez nous. C’était un garçon charmant à tout point de vue. Victoria, d’une intelligence très brillante, d’esprit vif et original, avait avec lui de longues conversations. Il l’admirait du point de vue intellectuel, il se plaisait à rester auprès d’elle rien que pour échanger sur des tas de sujets, et admirer la beauté si particulière de son visage dont le charme était Il est incontestablement vrais que tu lui ressembles beaucoup ! Il s’interrompit, les yeux fixés sur Isabelle qui écoutait  son père avec une vive attention. Il hésita un instant, puis continua. 

    Cette beauté ne le laissait pas non plus indifférent. Tu ressembles vraiment beaucoup à ma sœur, ma fille. Je puis te le dire à présent : tu es vraiment une de Rubens et tu en as le charme indéniable...

    Isabelle ne répondit rien à cette remarque qui la surprit venant de son père qui reprit son monologue.

    Mon ami me dit dans une lettre qu’il m’écrivit pendant un séjour dans le midi :

    Quel dommage que son pauvre corps soit si terriblement déformé ! Sans cela, mon cher, je demanderais aussitôt sa main à Mme de Rubens.

    Peu de temps après, Victoria, dont l’humeur devenait très sombre, se mit à passer presque toutes ses journées dans cette tour, où elle finit par y demeurer complètement.

    A cette époque, mon ami Pierre-Auguste de La Vannière venait de se fiancer à une jeune parisienne, et nous pensâmes que la retraite de ma sœur avait quelque rapport avec cet événement.

    C’est fort possible. Pauvre tante ! Dit Isabelle avec compassion.

    Quand son père, qui n’avait jamais autant parlé avec elle, fut partit, elle resta un long moment immobile, les yeux tournés vers le portrait de sa mère qui souriait. Avait-il du remord de l’avoir laissé aller seule jusqu’à l’étang-aux-ormes ? S’il l’avait accompagné comme il le faisait habituellement, elle serait certainement encore de ce monde ? Qu’avait éprouvé, tout à l’heure, Mr de Rubens quand son regard s’était arrêté sur le portrait de sa première femme ? Isabelle avait remarqué l’émotion qui avait étreint son père. Le trouble de ses yeux et de sa bouche ne lui avait pas échappé.

    150

    sceau copyright 

     

    « Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -149-Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -151- »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    1
    Jo
    Dimanche 7 Avril à 18:55

    Hello Ghislaine

    Des questions toujours des questions, je sens que les réponses ne vont pas tarder

      Et ce pauvre monsieur De Rubens...

    Le récit prends encore du corps, bravo

    A bientôt

    Gros bisous

    Jo

     

    2
    Lundi 8 Avril à 12:12

    Bonjour Jo,

    Et cela va aller crescendo.

    Bisous et bonne semaine à toi, mon ami. Ghis.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :