• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -150-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Et le jeune comte de murmurer pour elle seule :

    — Oui, ce jour est arrivé bien trop vite, Isabelle. Vous aviez raison de me mettre en garde alors que vous n’étiez qu’une toute jeune fille. Je n’ai pas voulu voir le piège tendu.

    — Vous étiez depuis déjà trop longtemps sous l’influence de votre belle-mère et de sa fille. Je suis très peinée pour vous, William, d’avoir été si clairvoyante. 

    J’avais compris la méchanceté, la fourberie de femme, de votre belle-mère qui est aussi, et malheureusement, la mienne depuis bien longtemps. Déjà, en ce qui concerne mon père qui ne voie, encore à ce jour, que par elle, son jeu de séduction est au point... 

    Les yeux baissés, Isabelle promenait ses doigts un peu tremblants entre les feuilles de son album. Dans la voix de William se devinait une âpre souffrance qui pénétrait jusque dans son propre cœur où une sourde douleur qu’elle ne devait pas dévoiler au jeune homme sans trahir les sentiments qu’elle éprouvait pour lui, et qui se faisaient de plus en plus forts, la troublait plus qu’elle ne le voulait. Sous le regard intense du jeune comte, Isabelle leva enfin les yeux, hésitante, ne sachant si elle devait toucher à cette profonde blessure qu’elle devinait en lui. Elle murmura :

    — Pourquoi avez-vous fait cela ? Dites-moi, William ! Je n’ai jamais compris ! Vous... et elle !

    Il dit brusquement :

    — Vous m’avez blâmé ? Méprisé, peut-être ?

    Ils se regardaient intensément, ne pouvant détacher leur regard l'un de l'autre, leurs lèvres se touchant presque, leur visage reflétant un profond sentiment contenu sous une interdiction qu'ils ne pouvaient trahir par honnêteté.

    Isabelle répondit avec douceur :

    — William, pardonnez-moi. J’ai eu tort de croire que vous faisiez ce mariage par intérêt, mais depuis mon retour ici, j’ai été complètement détrompé sur ce point.

    — Alors, pourquoi l’ai-je épousé, d’après-vous ?

    Sa voix était brusque, haletante, presque violente.

    — Parce que vous l’aimiez à ce moment-là. Répondit Isabelle.

    Une sorte de rire s’étrangla dans la gorge du jeune homme.

    — L’aimer, moi ! Non, certes !

    Alors, on vous y a forcé ? Vous a t-on poussé à faire un mariage de raison ?

    En quelque sorte. J’avais vingt-deux ans, mon cœur était inexpérimenté au choses de l’amour, et je me suis laissé persuader par ma mère de consentir à ce mariage. Au premier abord, Ludivine ne me déplaisait pas. Je pensais n’avoir aucune peine à être pour elle un bon mari. Cependant, peu de temps avant notre union, nous avons eu une forte dispute. Ce jour-là, j’ai eu comme l’intuition que je me trompais sur cette nature. J'ai été jusqu'à rompre nos fiançailles. Que n'ai-je pas suivit la mauvaise impression qu'elle m'avait laissé... Pourquoi ai-je cédé à ma mère, à la sienne et à votre père au prix de ma propre volonté ? Je ne l’ai vraiment connue qu’un peu plus tard. Ma femme est un abîme de fausseté, Isabelle.

    150

    sceau copyright

     

    « Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -149-Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -151- »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :