• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -149-

      Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Que vous auraient coûté quelques visites régulières à une petite fille à qui vous manquiez ? En quoi, voulez-vous me le dire, vous aurai-je gêné ? Mais si, bien sûr, vous ne désiriez pas faire plus, c'est  là, tout autre chose ! Vous père ! Qu'est ce que cela vous aurait coûté de venir rendre visite une petite fille seule et inconsolable... une petite fille Orpheline de sa maman...  Quelques visites régulières à votre enfant à qui vous manquiez  beaucoup, vous aurait il empêché de vivre votre vie avec la  fille de votre nouvelle femme ? 

    Le comte ne répondit pas. Isabelle regardait son père assis en face d’elle près de la fenêtre du triste appartement si bien arrangé par ses soins depuis peu, mais si longtemps abandonné lorsqu’elle n’était qu’une enfant rejetée qui n’éveillait, à ses yeux, aucun intérêt pour se donner la peine de gravir les quelques marches menant jusqu’à la chambre de cette vieille tour qui la voyait grandir sans l’affection de son père. Le comte avait cet air autoritaire qui, auparavant, l’aurait intimidé, mais que, démentait, à présent, la faiblesse de s a bouche... Sa voix à peine audible, fit entendre un faible : 

    — Oui... c'est vrai... tu as raison, isabelle.

    La jeune comtesse se rendit compte que son père n'était plus qu'un pantin entre les mains de cette harpie prétentieuse, et cela la désolait. Pour ne pas rester sur une conversation qui lui montrait une très mauvaise image de lui-même, le comte reprit : 

    — Néanmoins, j’ai une fille de ma propre lignée et c'est toi. Je désire que tu assistes à cette soirée Isabelle. Là est ta place à présent. Tu es majeure et ton rang veut que tu sois auprès de moi.

    — Disons que je ne suis plus si encombrante à vos yeux, et que je suis, en quelque sorte, présentable aux regard de votre femme... si ce n'était que pour sa satisfaction personnelle, je n'accepterais pas cette invitation ; mais si cela doit vous contenter, je veux bien faire l'effort. Je serai à cette réception si tel  est votre souhait. Cependant, je désire avoir la possibilité de me retirer lorsque bon me semblera...  Il n'y a rien à dire de plus ! Je ne suis guère friande de ces grandes réceptions...

    Le comte ne voulut pas analyser la nuance qu’Isabelle venait de mettre dans cette réponse. Il se racla la gorge et continua :

    — C’est très bien. Maintenant j'ai autre chose à te dire. J’ai reçu ce matin un mot de Maître Beau-verger qui est notre notaire. Je lui avais écris au sujet des comptes de tutelle. Il nous attend demain à dix heures. Le plus simple sera que tu m’emmènes dans ta voiture.

     Certainement, père... puisque vous êtes là, je vous demande l’autorisation de loger mon cousin Renaud dans la chambre de grand-mère.

    — Je n’y vois pas d’inconvénient. Mais il trouvera l’installation bien... antique !

    — Peu importe l’antiquité de la vieille tour, puisqu’elle est encore bonne pour Adélaïde et moi, comme elle l’a été pendant ma petite enfance, et par la suite, mon adolescence jusqu'à ce que vous m'envoyiez en Angleterre. Elle sera toute aussi bonne pour lui. Je lui ai fait une description si enthousiaste de notre château vieux, qu’il sera enchanté d’y loger pour un mois !

    Encore une boutade que, mine de rien, devait encaisser le comte, ce qui risquait d’envenimer davantage les rapports père-fille qui n’étaient déjà pas au beau fixe. Le comte ne jugea pas opportun de répondre. Il était conscient que sa fille lui en voulait terriblement de l’avoir négligé toutes ces années, allant même jusqu'à lui faire regretter de s’être si peu occupé de sa jeune existence. Il essaya pourtant de détendre l’atmosphère en détournant le sujet de conversation sur le fils du frère de sa femme Daphné qu'il ne connaissait pas :

    — Ton cousin ne sera peut-être pas du même avis que toi, ma fille. Rudolph de Rubens souriait l’air un peu gêné en regardant Isabelle avec une certaine complaisance mêlée d’un soupçon d’émotion.  

     

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  • Commentaires

    1
    Jo
    Dimanche 7 Avril 2019 à 18:55

    Hello Ghislaine

    Des questions toujours des questions, je sens que les réponses ne vont pas tarder

      Et ce pauvre monsieur De Rubens...

    Le récit prends encore du corps, bravo

    A bientôt

    Gros bisous

    Jo

     

    2
    Lundi 8 Avril 2019 à 12:12

    Bonjour Jo,

    Et cela va aller crescendo.

    Bisous et bonne semaine à toi, mon ami. Ghis.

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