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     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Le comte, gêné d’être pris en défaut par sa fille, se disculpa de ce manque d’attention envers elle par cette excuse trop facilement trouvée.

    — Tu étais entre de bonnes mains auprès d’Adélaïde qui, je te le rappelle, à été la préceptrice de ta mère. Tu étais si jeune ! Nous avions un train de vie à mener, et tu devais être éduquée.

    Il me semble que votre belle-fille qui n’a que quatre ans de différence d’âge avec moi, ne vous a pourtant pas gêné dans votre nouvelle vie... avec votre nouvelle femme ? J’aurais pu être élevée avec Ludivine et auprès de vous. J’ai grandi dans l’isolement, et vous n’avez rien fait pour changer cela. Sans pour autant vous en encombrer, que vous auraient coûté quelques visites régulières à une petite fille à qui vous manquiez ?

    Le comte ne répondit pas. Isabelle regardait son père assis en face d’elle près de la fenêtre du triste appartement si bien arrangé par ses soins, mais si longtemps rejeté lorsqu’elle n’était qu’une enfant, et qu’elle n’éveillait, à ses yeux aucun intérêt pour se donner la peine de gravir les quelques marches menant jusqu’à la chambre de cette vieille tour qui l’avait vu grandir sans l’affection d'un père. Le comte avait cet air autoritaire qui, auparavant, l’aurait intimidé, mais que, démentait, à présent, la faiblesse de sa bouche. Sa voix à peine audible, fit entendre un faible oui... c’est vrai. Il n’était plus qu’un fantoche entre les mains de sa femme et cela la désolait.

    Cependant, reprit le comte, j’ai une fille de ma propre lignée et je désire qu'elle assiste à cette soirée. Là est ta place à présent, ma fille. Tu es majeure et ton rang veut que tu sois auprès de moi et de ta belle-mère.

    Disons que je ne suis plus si encombrante aux yeux de votre femme, et que je suis, en quelque sorte, présentable... Si cela doit vous contenter, soit ! Je serai à cette réception puisque là est votre souhait.

    Le comte ne voulut pas analyser la nuance qu’Isabelle venait de mettre dans cette réponse. Il se racla la gorge et il continua :

    C’est très bien. Maintenant, autre chose : J’ai reçu ce matin un mot de Maître Beau-verger, notre notaire, à qui j’avais écrit au sujet des comptes de tutelle. Il nous attend demain à dix heures. Le plus simple sera que tu m’emmènes dans ta voiture.

     Certainement... Puisque vous êtes là, je vous demande l’autorisation de loger mon cousin Renaud dans la chambre de grand-mère.

    Je n’y vois pas d’inconvénient. Mais il trouvera l’installation bien... antique !

    Peu importe l’antiquité de la vieille tour, puisqu’elle est encore bonne pour Adélaïde et moi, comme elle l’a été pendant ma petite enfance, et par la suite, mon adolescence. Elle sera toute aussi bonne pour lui. Je lui ai fait une description si enthousiaste de notre château vieux, qu’il sera enchanté d’y loger. Encore une boutade que, mine de rien, devait encaisser le comte, ce qui risquait d’envenimer davantage les rapports père-fille qui n’étaient déjà pas au beau fixe.

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