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     Elle remarqua que les fleurs s'étaient refermées. Elle n'y avait jamais prêté attention, et de voir ces fleurs dont les pétales formaient un bouton, lui fît comprendre que sa maman n'était pas venue pour cueillir ces fleurs la nuit, ce qui la fît s'enfoncer dans la certitude qu'une main meurtrière l'avait férocement poussé. Du cœur d’Isabelle monta une prière pour sa tendre mère trop vite disparue. Elle resta un long moment, les yeux fixés sur ces fleurs aquatiques. Il n'y avait aucun intérêt à vouloir les cueillir la nuit. De plus, ces fleurs étaient vraiment trop peu rapprochées de la berge pour que l’on ait pu facilement les atteindre. Comment sa jeune mère avait-elle put être aussi imprudente pour vouloir en cueillir une, surtout en pleine nuit, même sous une clarté lunaire propice aux promenades ? Cette réflexion la laissa en pleine perplexité et insatisfaite. Les années d’absence n’avaient en rien changé sa façon de voir la scène. Pour elle, il était clair qu’un geste malveillant, partant de la berge, avait délibérément supprimé la vie de sa mère. Ce ne pouvait être que ça. De nouveau, un hululement se fit entendre et sortit Isabelle de sa méditation. Dans le silence de cette heure tardive, l’oiseau de nuit répéta sa plainte. Isabelle s’écarta de la berge sans avoir aperçu l’ombre d’une apparition, pas même une plainte ou le murmure de son prénom. Après tout ce temps passé loin de Monteuroux et de l’étang-aux-ormes, peut-être était-il normal de ne rien voir ni rien ressentir ? La jeune comtesse avait changé et son état d’esprit n’était plus le même qu’autrefois pourtant, sa sensibilité était toujours aussi exacerbée, et elle ne comprenait pas que le moment n’était peut-être pas propice au souhait qu’elle espérait voir se réaliser de toute son âme. Isabelle décida d’aller prendre l’ouvrage qu’elle avait oublié l’après-midi même au pavillon. D’un geste vif, elle ouvrit l’une des portes vitrées donnant sur la grande salle face à l’étangElle eut soudainement un cri qui s’étouffa dans sa gorge. Une femme debout au seuil d’une des portes vitrées donnant sur le sens inverse de l’étang, venait de se retourner brusquement.

    — Qui vient là ? Qui...

     Dans un pâle visage, deux yeux irrités s’attachaient sur la jeune comtesse.

    — Oh ! Pardon, ma tante ! J’ignorais…

    Isabelle voulu rebrousser chemin, mais sa tante la retint de la voix :

    — Tu es Isabelle ?

    C’était bien Victoria de Rubens qui l'apostrophait ainsi. Elle était vêtue d’une ample robe de satin noir qui la dissimulait jusqu’aux pieds, mais ne pouvait complètement cacher la déformation de son corps. Sa tante l’interpellait d'une voix légèrement rauque comme celle d’une personne peu habituée à parler et qui, de plus, était enrhumée, ce qui ne facilitait pas l'élocution. Isabelle se sentait dévisagée, épiée, mise à nue avec une brutalité déconcertante.

    Oui, ma tante.

    Approches-toi, que je te vois mieux.

    Isabelle obéit. Victoria lui saisit la main, l’attira près de la porte qui donnait sur l'étang baigné par la pleine clarté de la lune.

    Antoinette avait raison. Tu me ressembles étrangement, dit-elle. 

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