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    C’est une raison, en effet ; mais ce lieu manque un peu de confort. Vous n’avez même pas un siège, Isabelle !

    Je m’assieds sur le rebord, essayez d’en faire autant : on y est très bien ! Heureusement qu’il n’y a pas de siège : cela vous évitera de vous attarder dans ces lieux où vous n’avez rien à y faire et encore moins votre fils ! Fit sèchement Isabelle.

    Négligeant la réplique cinglante de la jeune comtesse, Ludivine continua son bavardage insidieux :

    Oh ! C’est terriblement dangereux ! Vous devriez lui dire, William.

    Isabelle sait ce qu’elle fait, répliqua, agacé, le jeune comte.

    Pour clouer le bec de cette pimbêche de Ludivine, et pour donner raison à son cousin, Isabelle asséna une dernière réplique :

    Gardez vos conseils à double sens pour vous, Ludivine. J’ai passé l’âge que l’on me donne des leçons quant aux dangers que je côtoie depuis mes plus jeunes années. Occupez-vous, plutôt, de votre fils qui est nullement à sa place dans cet endroit dangereux, comme vous dites. Pendant que vous distillez votre venin, il est déjà à plus de dix mètres de vous. Il serait judicieux de le surveiller de plus près, au lieu de câliner votre chien de salon.

    La glaciale ironie de sa voix ne parut pas faire impression sur Ludivine qui, pour donner le change, précisa :

    C'est un Bichon Maltais pure race, chère Isabelle. Il est évident que vous ne me semblez pas connaître cette race.

    Sans se soucier plus que cela du bambin qui trottinait un peu partout dans les ruines, et comme une provocation muette à l’intention de la jeune comtesse, Ludivine jeta un coup d’œil vers le paysage que la baie encadrait, et dont elle n’avait rien à faire, puis se tourna vers Isabelle en désignant l’album que celle-ci tenait à la main.

    Vous dessiniez ? Montrez-moi, voulez-vous ?

    Isabelle, hors d’elle, répliqua sur un ton qui se voulait désinvolte :

    Croyez-vous que votre intelligence saurât capter le sens artistique de ce dessin ? Jusqu’où peut aller votre intérêt à ce que vous ne comprenez guère ?

    Vous n’avez pas perdu le sens de la répartie, à ce que je vois, chère amie. Ne seriez-vous pas coupable de quelque chose d’inavouable ?

    A votre place, je me tairais, car des choses inavouables dont vous en êtes coutumière, surpasse, et de loin, ce que vous jugez, à tort, devoir nous reprocher !

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