• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -136-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Il était préférable que je m’éclipse à chaque fois que l’occasion m'en était donnée. J’avais tellement de mal à les regarder faire leurs simagrées, et de voir que vous, ainsi que mon père, étiez complètement subjugués par leurs charme trompeur, me rendait folle de rage.

    Chère, très chère Isabelle ! Comme vous avez dû souffrir d’être si peu considérée ? Comme je m’en veux aujourd’hui d’avoir abondé dans leur sens et cru en leur manigances au point de vous négliger ! Si j’avais pu deviner le piège qui m’était si habilement tendu...

    William parlait bas, sa voix était empreint d’une colère qu’il voulait cacher, mais qui suintait à travers ses mots.

    J’ai maintenant un fils : mon fils... cet enfant n’est en rien fautif de l’éducation que sa mère et sa grand-mère lui donne ; mais il est sous leur coupe et tout leur portrait. Peut-être... Peut-être est-il déjà trop tard... pourtant, je ferai tout pour le garder près de moi afin de lutter contre ses instincts qu’il tient malheureusement de ma femme. J’aimerais mieux le voir mort, s’il devait, plus tard, devenir semblable à elle !

    Sa voix âpre, et douloureuse, fit tressaillir Isabelle. Là était peut-être, comme elle l’avait pressenti en remarquant certains regards chargés d’angoisse attachés sur le visage angélique de son fils, le plus cruel tourment de William. D’un geste spontané, elle prit la main de son cousin.

    Espérez, William ! Près de vous, soustrait à cette influence, il peut apprendre la sincérité.

    La loyauté est très importante et vous pouvez encore le faire changer. Il est très jeune ! Ce n’est encore qu’un petit arbuste et si vous devenez son tuteur, son caractère, loin de l’influence de sa mère, va changer en grandissant. Ne vous désespérez pas William !

    Isabelle le regardait avec une émotion si vive que des larmes noyaient ses beaux yeux.

    William se pencha et posa ses lèvres sur ses doigts tièdes et tremblants.

    Merci Isabelle, dit-il à mi-voix.

    Il se redressa, son regard comme éclairé d’une flamme toute intérieure. Puis celle-ci, brusquement, s’évanouit, disparut du moins sous les paupières à demi abaissées. William retira sa main qui venait de se raidir dans celle d’Isabelle et dit avec un étrange accent un peu rauque :

    Veuillez m’excuser d’avoir évoqué devant vous toute cette misère. Mais je voulais que vous sachiez combien nous avons tous été trompés, naguère, à votre sujet.

    Ce passé est oublié. Bien souvent, j’ai cru vous détester, William. Elles ont réussi à m’enlever votre affection, et celle de mon père. Il me fut très pénible, je l’avoue, de vous voir vous détourner de notre amitié. Isabelle le regardait avec une émotion qui faisait battre son cœur plus vite. Mais il était distrait par la vue de la vieille tour qui lui inspirait subitement un vif intérêt.

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