• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -134-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Juliette ne viendra pas, aujourd’hui. Ma mère et elle s’occupent de faire des confitures pour l’hiver prochain. Elle m'a demandé de vous prévenir, aussi comme promis, J'en profite vous apporter cet ouvrage de Charles Dickens, dont André et moi vous avions parlé l’autre jour… mais, Isabelle, quelle imprudence de vous asseoir à cet endroit dangereux !

    Isabelle eut un léger rire.

    J’y suis tellement habituée ! C’était mon refuge préféré, autrefois. Ma bonne Adélaïde seule savait où me trouver quand, par hasard, on me demandait au Château... mais puisque vous voilà, donnez-moi donc votre avis sur ce dessin ?

    Elle lui tendit l’album, puis se leva en secouant sa robe quelque peu froissée.

    Qu’en dites-vous pour un paravent, ou un panneau décoratif ?

    Très bien. Ce dessin a du caractère. Rien de mièvre, ou de trop recherché. On reconnaît votre nature dans vos œuvres, Isabelle.

    Il la regardait avec une attention grave, ardente. Les joues mates d’Isabelle prirent soudain une couleur rosée. Ses cils frémirent sur ses yeux verts noisette, aux changeantes couleurs. Une nature que j’ai méconnue autrefois. Pensa William. La bouche du jeune comte eut une crispation d’amertume. Isabelle, reprit l’album d’entre ses mains, et se mit à en tourner nerveusement les pages. Des bouffées de chaleur orageuses entraient dans la vieille salle, soulevait légèrement les boucles blondes qui encadraient le jeune visage frémissant d’une émotion contenue. William s’en aperçu, hésita un peu, puis il osa une question :

    Vous souvenez-vous de ce que vous m’avez répondu un jour, en sortant du presbytère, un peu après que votre père vous eut appris que vous seriez envoyée en Angleterre ? Et Isabelle de répondre :

    Vous avez dit que je ne faisais pas ce qu’il fallait pour que l’on me regrette un jour. Et vous avez ajouté que Mme de Rubens et Ludivine ne souhaitaient sincèrement m’aimer. J’étais très peinée à cause de votre opinion à mon sujet, et je vous ai répondu :

    Quand vous les connaîtrez mieux, William, vous vous souviendrez avec regret de ce que vous me dites là.

    Et le jeune comte de murmurer pour elle seule :

    Oui, ce jour est arrivé bien trop vite, Isabelle. Vous aviez raison de me mettre en garde, alors que vous n’étiez qu’une toute jeune fille. Je n’ai pas voulu voir le piège tendu…

    Vous étiez depuis déjà trop longtemps sous l’influence de votre belle-mère et sa fille. Je suis très peinée pour vous, William, d’avoir été si clairvoyante. 

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