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    Menant un train de vie qui n’était pas loin de dépasser les possibilités de leurs avoirs, comme beaucoup d’autres aristocrates de cette époque, les de Rubens n’étaient pas décidés à perdre la face devant leurs relations. Isabelle songeait avec un amusement ironique que les bijoux de la grand-mère hindoue auraient bien fait leur affaire : Elle les avait retrouvé intacts, derrière la plaque de cheminée aux armes des de Rubens. Ils resteraient là pendant combien de temps encore ? Sa grand-mère lui avait fait promettre de ne révéler son secret à personne au monde, sauf à son mari, si elle se mariait un jour. Mais comme elle ne comptait pas convoler en justes noces, ils resteraient dans leur cachette. Néanmoins, quelque chose la tracassait à leurs sujets. Ce trésor devrait bien, à un certain moment de son existence, être le sujet d’une confidence à quelqu’un en qui elle aurait confiance, car elle pourrait mourir subitement, dans quelque accident provoqué, comme celui de sa pauvre mère, avant même qu’il lui fut possible de pouvoir révéler leur cachette et découvrir la personne, cause de son décès. A qui donc pouvait-elle confier son secret ? Pas à sa tante Victoria, retranchée dans sa farouche solitude. Un seul nom lui venait à l’esprit : William. Elle pourrait lui confier ce secret si lourd à porter, lui dire de prendre les joyaux au cas où sa mort interviendrait prématurément, et de les considérer comme son bien ? Son souci était qu’après William, ce serait le fils de Ludivine qui en hériterait si on ne lui en laissait le temps d’en jouir, car la mère et la grand-mère du petit Thierry, bien avant qu’il ait atteint sa majorité, cupides comme elles étaient toutes deux, s’empresseraient de dépenser en futilités cette fortune trop longtemps désirée. En poussant encore plus loin dans son raisonnement, Isabelle se dit que, dès que les joyaux seraient en possession de William, sa machiavélique belle-mère ferait, avec l’aide de sa fille, en sorte qu’il soit victime d’un accident de voiture ou d’un empoisonnement… Si Édith d’Argenson était, d’après Victoria, si venimeuse, elle serait bien capable, pour arriver à ses fins, d’en arriver à l’acte ultime : assassiner le détenteur des joyaux hindoue qu’elle lui aurait confié. Non, il y avait, là, une trahison vis à vis des dernières volontés de la vieille comtesse de Rubens. Il lui fallait trouver autre chose. Presque machinalement, elle traçait sur le papier des contours qui se transformaient en des chauves-souris volantes parmi les arbres aux formes fantasmagoriques. Sur un fond de laque pâle, elle obtiendrait là, une décoration de paravent qui ne manquerait peut-être pas d’originalité. Elle demandera conseil à son cousin qui avait un goût très sûr. Entendant un bruit de pas, elle songea : Voilà sans doute Juliette. Elle tourna la tête vers l’étroite ouverture du couloir qui menait à la poterne. Non, ce n’était pas Juliette, mais William. Il dit avec surprise :

    Ah ! Vous êtes là, Isabelle ? Vous travaillez, je voie.

    J’essaie, mais je ne suis pas en train. Je me suis perdu dans mes pensées qui m’ont emmenées très loin, et c’est presque machinalement, que j’ai fais ces esquisses. Elle souriait en lui tendant la main, tandis que William lui annonçait :

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