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    Il était très imposant cet orgue qui trônait sur toute la largeur dur mur de l’église, juste au dessus de la grande porte à double battants, qu’un balcon en bois de chêne surplombait. 

    Pendant une petite heure, Juliette jouait, et semblais toute petite, perdue au milieu de cet orgue magnifique. Pensivement, Isabelle écoutait les sons qui sortaient de l’orgue. Juliette était une vraie virtuose et ne pouvait quitter l’église sans avoir joué La Toccata et Fugue en ré Mineur de Jean Sébastien Bach. Isabelle était subjuguée par la profondeur de cette œuvre qui la pénétrait au plus profond de son âme.

    Lorsque Juliette eut terminé, après quelques minutes de recueillement, elles allèrent voir la mère de l’abbé qui n’était plus très jeune non plus, mais qui accueillit les deux jeunes amies avec amabilité, et avec un plaisir non dissimulé. Elle bavarda avec les deux jeunes filles pendant prés de trois quart d’heure. Ensuite, Isabelle et Juliette s’en allèrent rendre visite à Émilie Granchette. Il leurs restaient une bonne demi-heure à papoter avec la vieille servante, puis elles remontèrent ensemble à Monteuroux, et lorsqu’un travail n’attendait pas Juliette, elle se dépêchait de rentrer à Aïgue-blanche. Parfois, en fin d’après-midi, Isabelle allait s’asseoir comme autrefois, dans la baie ogivale de la vieille salle encore debout sur ses fondations. Elle prenait toujours un livre avec elle, et selon son envie, elle lisait ou dessinait, ayant sous les yeux la beauté du paysage qu’elle aimait tant.

    Peut-être que lorsque le château serait envahi par toutes sortes de gens qu’elle ne désirait pas connaître, trouverait-elle, là, une retraite où les élégantes et futiles relations de sa belle-mère ne viendraient pas la déranger ? La jeune comtesse aimait les mois de fin d’été qui étaient propices à l’inspiration, mais ces instants de paix n’était pas encore à l’ordre du jour. Malgré tous ses soucis tourbillonnants dans sa jolie tête blonde, elle avait emporté son album à dessin pour faire quelques ébauches. Vers les seize heures, la lumière éclairait encore l’ensemble du paysage qui commençait à prendre divers teintes de rouge, ambrées et dorées ce qui donnaient à la jeune comtesse, des idées de décoration qu’elle comptait présenter l’hiver suivant à une maison pour laquelle son oncle pouvait lui procurer une introduction. Quand elle fut assise, elle ouvrit l’album et essaya de s’appliquer à son travail. Mais elle manquait d’entrain. Fallait-il l’attribuer à la lourdeur du temps et la chaleur orageuse de cet après-midi, ou bien plutôt, à la perspective de voir arriver, le lendemain dans l’après-midi, son père et sa femme ?

    Ludivine s’était rendue à château neuf afin de faire préparer les appartements par les femmes de chambres. Dominique et Angèle n’étant qu’au service des habitant de château vieux. D’autres domestiques devaient, pour le soir, arriver de Paris. Les de Rubens continuaient de mener grand train, pourtant, d’après ce que Juliette avait entendu dire par son frère, la fortune de sa belle-mère et ainsi que celle de sa fille : héritage reçu du comte de Richemont pour l’une, et du vicomte d'Argenson pour l’autre, avait sensiblement diminué.

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