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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Au bord de la petite clairière, apparaissait la petite maison d’Adrien : un rez-de-chaussée tapis sous son toit de chaume en pente raide. Une charmille bordait le jardin, cachant ainsi le vieille homme qui, selon son humeur, ne désirait pas être vu. Sous une des fenêtres, le jardinier fumait sa pipe en se balançant sur son rocking-chair, abrité par une avancée l’abritant du soleil en été. Il murmura un vague : Bonsoir demoiselle, auquel Isabelle répondit distraitement.

    Elle se surprit à penser que, peut-être, avait-il été là, à cette même place, quand la jeune comtesse de Rubens était passée autrefois dans ce chemin, s’en allant vers son destin tragique ? Isabelle n’avait jamais songé à le lui demander, l’humeur taciturne du vieillard, et ses réponses plus que laconiques, n’engageaient guère à la conversation. Quand elle atteignit l’étang, la pâle lumière d’un gris argenté éclairait l’eau immobile. Isabelle s’approcha de la berge, s’arrêta près de l’endroit où Daphné avait trouvé la mort. Les nénuphars, dans cette clarté lunaire, semblaient irréels et comme posés sur l’eau. Du cœur d’Isabelle monta une prière pour sa chère mère trop vite disparue. Elle resta un long moment, les yeux fixés sur ces fleurs aquatiques. Elles étaient vraiment trop peu rapprochées de la berge pour que l’on ait pu facilement les atteindre. Comment Daphné avait-elle put être aussi imprudente pour vouloir en cueillir une, surtout en pleine nuit, même sous une clarté lunaire propice aux promenades ? Cette réflexion la laissa en pleine perplexité et insatisfaite. Les années d’absence n’avaient rien changé à sa façon de voir la scène. Il était clair, pour elle, qu’un geste malveillant partant de la berge, avait délibérément supprimé la vie de sa mère. Ce ne pouvait être que ça. De nouveau, un hululement se fit entendre et sortit Isabelle de sa méditation. Dans le silence de cette heure tardive, l’oiseau de nuit répéta sa plainte. Isabelle s’écarta de la berge sans avoir aperçu l’ombre d’une apparition, pas même une plainte ou le murmure de son prénom. Après tout ce temps passé loin de Monteuroux et de l’étang-aux-ormes, peut-être était-il normal de ne rien voir ni rien ressentir ? La jeune comtesse avait changé, et son état d’esprit n’était plus le même qu’autrefois. Pourtant, sa sensibilité était toujours aussi exacerbée, et elle ne comprenait pas que le moment n’était peut-être pas propice au souhait qu’elle espérait de toute son âme. Isabelle décida d’aller prendre l’ouvrage qu’elle avait oublié l’après-midi même au pavillon. D’un geste vif, elle ouvrit l’une des portes vitrées donnant sur la grande salle face à l’étang. Elle eut soudainement un cri qui s’étouffa dans sa gorge. Une femme, debout au seuil d’une des portes donnant aussi sur l’étang, venait de se retourner brusquement.

    Qui vient là ? Qui...

    Deux yeux irrités, dans un pâle visage, s’attachaient sur la jeune comtesse.

    Oh ! Pardon, ma tante ! J’ignorais…

    Isabelle voulu rebrousser chemin ; mais sa tante la retint de la voix :

    Tu es Isabelle ?

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