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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Chapitre XI

    Je ne suis pas d’un abord facile pour qui ne me convient pas. Il faudra vous y faire chère Ludivine… Les mains souples, un peu courte, aux ongles nuancés de rose très pâle de la nouvelle comtesse Rubens-Gortzinski, se crispèrent sur sa robe de soie d’un blanc légèrement crémeux. D’un air qui se voulait aimable et sur le ton d’une plaisanterie qui se voulait, elle aussi, anodine, elle ripostât :

    Vraiment ? Serait-ce que l’on vous a supporté à Verte-court ?

    Cet air de plaisanterie ingénue, ce regard doucereux et presque naïf ! Isabelle sentait tout son corps frissonné et se cabrer. Elle lâcha presque sur le même ton que la femme de William :

    Très bien supportée. Il y a la manière pour dompter les monstres de mon espèce. Vous ne l’avez guère.

    Un rire bref, sarcastique, s’éleva derrière Isabelle.

    Vous ferez bien, Ludivine, de revoir votre façon de penser d’un temps révolu où nous étions aveuglés par persuasion d’un esprit retors. Il serait difficile désormais de nous faire changer d’opinion. Vous ne gagneriez pas à ce petit jeu. Essayez, pour le temps que vous séjournerez ici, d’être assez aimable avec notre cousine Isabelle. Méfiez-vous : Elle a du répondant et ne sera pas en peine de vous remettre à votre place.

    Le visage de Ludivine toujours aussi délicatement frais, parut se crisper un instant en se rendant à l’évidence que son mari prenait la défense de sa cousine, plus que la sienne. Isabelle, tournant la tête, regarda son cousin, toute étonnée de le voir réprimander sa femme sous le regard médusé des habitants d’Aïgue-blanche. Les yeux de William, singulièrement foncés en ce moment, s’attachaient sur sa jeune femme avec une expression de dureté impérieuse. Ludivine eut une moue semblable à celle d’un enfant prêt à pleurer.

    Pourquoi voudrais-je vous en faire changer d’avis, mon ami ? Ce que vous pensez est toujours le plus parfait à mes yeux.

    Qu’elle était jolie et gracieuse, cette Ludivine, dans sa robe d'un blanc crème qui faisait paraître sa peau  encore plus satinée. Ses bras minces, son cou bien modelé qu’entourait un collier de perles suffisait à sa beauté. Quelle caressante et suave douceur dans ses prunelles levées vers William ! Quelle fausseté aussi ! Mais le visage durci de celui-ci ne se détendit pas. Les mimiques de sa femme n’y changèrent rien. Apparemment, il connaissait son petit jeu. Par la suite, au cours du repas et quand on servit le thé dans le jardin, Isabelle put constater que l’attitude de William envers sa femme demeurait impassiblement le même. La présence de Ludivine semblait agir désagréablement sur tout le monde. La joyeuse Juliette, elle-même, perdait une partie de son entrain. Aucunement consciente de l’effet qu’elle produisait sur le petit groupe, Ludivine, sereine, aimable, parlait de sa vie à Paris, de ses voyages avec sa mère et son beau-père.

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