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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    — Pensez-vous rester quelque temps à Monteuroux ?

    — Jusqu’à la fin de l'automne, probablement. Comme je le disais à Mr l’abbé, il faut que je me fasse une situation par mon travail.

    Ils échangèrent quelques banalités comme les gens qui ne se sont plus vu depuis de longues années.

    — Où cela ?

    — A Paris.

    — Le temps de votre séjour parmi nous, vous habiterez chez votre père ?

    — Chez mon père ? Certes, non !

    La réplique était vive et sans ambiguïté.

    —  J'occupe de nouveau la vieille tour. Je suis libre de choisir ou je veux vivre à présent, et cela n'inclut pas château neuf.

    — Toujours indépendante à ce que je vois ?

    Un sourire détendait les lèvres de William.

    — Je sens, par d’ailleurs, que vous ne sauriez pas vivre dans une atmosphère qui ne serait pas favorable au travail que vous désireriez accomplir, si vous deviez séjourner dans la demeure de Mme de Rubens ajouta William. 

    Le sourire, devenu soudainement ironique avec une touche de dédain de la part du jeune comte, n’échappa pas à sa cousine, et prompte à la répartie lorsque quelque chose lui semblait anormalement bizarre, elle fît montre d'un étonnement certain en posant la question d’un air surprit mêlé d’ironie, qui lui brûlait les lèvres :

    Mais qu’entends-je ?! Ne serait-ce plus, depuis que je suis partie, la demeure de mon père ?! Le château aurait-il changé de propriétaire en mon absence ?! Serait-il possible que Monteuroux soit devenu la propriété de Mme de Rubens, anciennement vicomtesse d’Argenson ?! Les uses et coutumes ont-elles évolués au point que la demeure ancestrale du comte Rudolph de Rubens ait changé de propriétaire ?!

    William se sentit gêné devant le ton employé par Isabelle, mais il ne releva pas. Pour couper court à toutes répliques mal venues de la part du jeune homme, l’abbé Forges demanda :

    Avez-vous des nouvelles du petit Thierry ?

    Oui, il va un peu mieux. Demain je vais le chercher pour l’amener ici, car l’air de Paris est déplorable pour les poumons de ce jeune enfant, avec les véhicules à moteurs. Sa santé est des plus fragile. Il vaut mieux qu’il respire le bon air de la campagne. Vous partiez, Isabelle ? Si vous rentrez à Monteuroux, je peux vous conduire en voiture ? Cela vous éviterait une inutile marche par les chemins rocailleux. La route est entretenue et dégager. Je n’ai qu’un mot à dire à Mr le curé. Isabelle remercia William en déclarant qu’elle aimait mieux remonter à pied, la marche étant bonne pour la santé. Et puis elle voulait faire une halte au cimetière, visiter ceux qui s’en étaient allés durant son absence et flâner par les chemins et sentiers si familiers avant son départ pour l’Angleterre, afin de respirer l’air vivifiant de la campagne. 

    Elle prit congé du prêtre et de William, alléguant une station à l’église, puis elle fit une halte au cimetière pour déposer des fleurs sur les tombes de ses amis paysans défunts. Ensuite, elle s’appliqua à rejoindre la vieille tour par le sentier menant à Monteuroux.

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