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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Et vous êtes si belle Isabelle ! Vos yeux, vos beaux yeux changeants ma chérie ! Ils savent dire tant de choses... tant de choses !

    Et bien ! Cela devrait me dispenser de parler ! Dit plaisamment, Isabelle, avec un sourire malicieux.

    Elle vînt s’asseoir près de Juliette, en face de la porte fenêtre ouverte qui donnait sur l’étang. Le soleil incendiait encore à cette heure le sommet des arbres, mais il n’atteignait plus qu’une petite partie de la pièce d’eau. La chaleur arrivait quand même, par bouffées, dans le pavillon. Juliette s’éventait avec le petit chapeau de paille blanche qu’elle venait de retirer. Isabelle fermait à demi les yeux, un peu lasse de l’effort accompli tout à l’heure sur l’eau.

    Elle se sentait calme, détendue, presque heureuse. Ces trois mois étaient passés avec une singulière rapidité. Isabelle avait beaucoup travaillé,elle avait eu, presque chaque jour, des rapports avec tous les habitants de Aïgue-blanche.

    La jolie Juliette était devenue son amie, une amie discrète, affectueuse, mais très attentive aux changements d’expression de la jeune fille. Elle se confiait volontiers mais ne cherchait pas à pénétrer par effraction dans l’âme encore un peu close d’Isabelle.

    Catherine de Rubens la recevait toujours avec gentillesse et se montrait bienveillante envers elle. André l’accueillait avec une franche gaieté. Quant à William... eh bien ! Isabelle et lui s’entendaient très bien. Leurs opinions se rencontraient souvent. Tous deux de caractère indépendant, de nature réservé, difficilement pénétrable, chez lui surtout, semblaient se comprendre sans avoir à se parler. Jamais il n’y avait eu entre eux de retour vers ce passé où le jeune comte, du temps de ses fiançailles avec Ludivine, réprouvait avec tant de dédain la conduite de sa jeune cousine frondeuse et révoltée. En fait, ni lui, ni elle, n’avait prononcé le prénom de Ludivine, en aucune de leur rencontre, soit qu’Isabelle montât à cheval avec lui et Juliette, soit qu’elle le vît à Aïgue-blanche au cours des heures qu’elle y passait. Monteuroux était également un lieu de rencontre lorsqu’il accompagnait ou venait chercher sa sœur. Jamais le prénom de Ludivine n’avait franchi les lèvres de son cousin. Cependant, le couple n’étaient pas séparés légalement. Bientôt elle allait venir passer trois ou quatre semaines auprès de son mari. Pour lui, ce n’était qu’une parodie de mariage. La respiration d’Isabelle s’accéléra. Le fait de revoir Ludivine, son doux visage, ces yeux célestes, son sourire d’enfant gâté, entendre cette voix roucoulante qui savait dire si ingénument les pires insinuations qui avaient le don de la mettre hors d’elle, les plus suaves méchancetés, l’horripilaient et la répugnaient. A cette pensée, elle éprouvait à nouveau cette impression presque répulsive que lui avait toujours inspirée Ludivine.

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