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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34- 

    Il ne laisse personne percer le tréfonds de son âme. S’il souffre, il souffre en silence, pourtant, j’ai le sentiment qu’il n’ aime plus sa femme, si tant est qu’il l’ait aimé un jour…

    Les belles mains d’Isabelle reprirent l’ouvrage qu’elles avaient délaissé quelques instants. Elle se sentait nerveuse, et les points de broderie n’étaient plus aussi fins qu’habituellement.

    A travers le silence de la pièce où elles se trouvaient toutes deux, un son grave, une profonde plainte s’éleva. C’était le violon de Victoria. Un noble adagio étendit ses ailes harmonieuses si bien jouées par sa tante, jusqu’aux notes finales et plaintives, qui sombrèrent dans un sanglot.

    Juliette dit avec admiration :

    Quelle artiste ! Mais elle nous met la mort dans l’âme ! C’est atroce de souffrir autant, car elle souffre, j’en suis persuadée : d’après les plaintes que son violon traduit et nous transmet.

    C’est toujours ainsi. Pauvre tante, révoltée sans doute, très malheureuse, certainement !

    Vous n’avez toujours aucun rapport avec elle ?

    Aucun, en effet. En fait, je ne la connais pas. Je me souviens vaguement de l’avoir vue plusieurs fois lorsque j’étais petite fille aupré de maman. A cette époque, elle n’était pas tout à fait renfermée sur elle-même, et claustrée comme maintenant : maman le recevait avec beaucoup de prévenance et d’amitié... tout cela est si loin… et puis l’accident de ma mère à troublé si fortement mon âme d’enfant, que je ne me suis plus du tout rappelée du visage de ma tante et son handicap.

    Trois coups de klaxon montèrent de la route qui se trouvait être en contrebas de château vieux, et à l’inverse du chemin principal montant jusqu’à Monteuroux. C’était le signal convenu avec William qui devait venir prendre sa sœur à la grille du domaine. Ainsi que Juliette l’avait expliqué à Isabelle, il avait été voir une personne dont on lui avait parlé pour remplacer la nurse qu’il ne voulait pas conserver. Les deux jeunes filles le virent passer le grand portail, se garer dans la cour. Juliette demanda aussitôt :

    Et bien ! Cela peut-il convenir ?

    Je le crois. Demain, je donnerai ma réponse…

    Vous vous trouvez décidément bien dans ce vieux Monteuroux, Isabelle ?

    Très bien malgré les petits inconvénients du logis, répondit-elle gaiement. Juliette ne me l’envie cependant pas. Encore l’a-t-elle vue sous un jour ensoleillé.

    Oui : Je suis chez moi et je n’ai de compte à rendre à personne et surtout pas à ma belle-mère qui tient pratiquement mon père sous sa coupe.

    Le jeune homme regardait longuement sa cousine avec une sorte de perplexité ? Cherchait-il l’adolescente un peu trop sauvage d’autrefois en cette jeune personne d’allure élégante ?

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