• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -116-

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    A la réflexion, j’irai cet après-midi voire Mr le curé puisque je n’ai rien à faire d’autre ici. Pendant ce temps, vous aurez tout le loisir de vous reposer, très chère Adélie. J’ai besoin de reprendre contact avec le village, ses villageois et la vallée si le temps s'y prête, car il ne fait pas très chaud, et j'en suis consciente. Je sais que plusieurs de mes vieilles amies sont parties vers un monde meilleur. Mais je rendrais une petite visite à leur dernière demeure, et leurs porterai quelques fleurs après ma visite chez l’abbé Forges.

    Je suis tout à fait d’accord avec vous, ma chérie. Je vais volontiers m’accorder un peu de repos, car je me sens lasse. Je tenais à vous rappeler, ma chérie, qu’un de ces jours, il nous faudra faire une petite visite à Aigue-blanche. D’après ce que dit Dominique, nous n’y trouverons pas Ludivine. Il semblerait donc qu’elle ne s’entende pas avec son mari, et que le mariage ne soit pas une réussite ?

    La gaîté remarquée dans les yeux mordorés d’Isabelle, s’était évanouit. Ses lèvres d’un rose délicat si finement ourlées, eurent un pli d’ironie lorsque Isabelle ajouta :

    — C'était à prévoir ! Il eu fallu une certaine dose d’aveuglement pour penser que Ludivine puisse vivre toute l’année à Aigue-blanche ! Les hommes intelligents comme William, peuvent-ils donc avoir aussi peu de discernement que des imbéciles qui ne réfléchissent guère plus loin que le bout de leur nez pour se dire qu’avec elle, cela aurait, et j'en doute, pu être possible de penser qu’elle accepterait de vivre à la campagne toute l’année sans trouver à y redire, elle qui ne vit que pour paraître, pour être admirée et gâtée par mon propre père, de surplus ! Je me demande même si elle à l'instinct maternel ? Il serait fort étonnant qu'elle s'occupa de son enfant elle-même ?

    — Peut-être que son époux l'aime vraiment ?

    — Peut-être... mais elle... l’aime t-elle vraiment ? 

    La jeune comtesse eut un léger mouvement d’épaules imperceptible, lorsqu'elle murmura avec une ironie à peine dissimulée :

     C'est la question que je me pose très précisément depuis longtemps ! Comment un homme tel que William a pu aimer une Ludivine si peu faite pour lui ? Cette idée me taraude…

    Ce fut par le petit sentier, au bas du flanc rocheux qui supportait Monteuroux, qu'en début d’après-midi, Isabelle, s’en alla au village. Le soleil un peu voilé de la matinée s’était éclipsé, caché par un écran de nuages noirs, prometteurs de pluie. La rivière grondait toujours, ce qui n'empêcha pas la jeune comtesse de s'engager sur le pont pour y admirer les impressionnants remous. Une fois qu'elle l'eu passé, Isabelle croisa un paysan et des femmes qui lui souhaitèrent joyeusement le bonjour. Elle entra chez Émilie Granchette qui avait été la femme de chambre de sa tendre mère. Elle la trouva dans son fauteuil où la retenaient de vilains rhumatismes. Lorsque la vieille dame aperçu la jeune fille, sa joie de la revoir, lui mit les larmes aux yeux lorsqu'elle se confondit en compliments :

    Que Mademoiselle Isabelle a donc embelli ! C’est un plaisir de la regarder ! Oh ! Je n'aurais jamais pensée être encore sur cette terre et d'avoir le bonheur de vous voir encore une fois ! Vous êtes tellement belle, chère Demoiselle ! Aurons-nous la joie de vous voir un jour fiancée, puis mariée avant que je ne quitte ce monde et que Dieu me rappelle à lui ? Ajouta la bonne Émilie.

    116

    sceau copyright

     

     

    « Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -115 -Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -117 - »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :