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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Chapitre IX

    La comtesse Catherine l’interrogea avec intérêt sur sa vie en Angleterre, et parut satisfaite d’apprendre qu’elle y avait été heureuse. Juliette prépara le thé, qu’Isabelle l’aida à servir. Après cela, les jeunes gens se mirent à causer entre eux, de choses et d’autres. Isabelle, très gaie lorsqu’elle se trouvait en milieu sympathique, racontait avec humour des anecdotes qui amusaient André et Juliette, et amenait un sourire sur les lèvres sérieuses de William, puis l’entretien glissa sur la littérature anglaise que connaissait les deux frères. William qui avait peu parlé jusque-là, émit des réflexions dont la finesse, la lucide intelligence frappèrent Isabelle. En l’écoutant, elle comprit qu’André, Juliette et lui, dans une limite modeste, se tenaient au courant du mouvement intellectuel par goût, non par snobisme ainsi que tant d’autres le faisaient.

    Comme les visiteuses se retiraient, reconduites par Juliette et William, un petit garçon parut dans la cour en compagnie d’une nurse. Juliette s’écria :

    Voilà Thierry ! Viens dire bonjour à Isabelle mon petit !

    L’enfant s’approcha. Il était fin de corps et de visage. Son teint rose et blanc avait l’apparence d’une délicate porcelaine. Des boucles brunes entouraient sa petite frimousse, et deux beaux yeux bleu, pareil à ceux de sa mère, se levèrent sur Isabelle. Ce regard la saisie au plus profond d’elle-même. Ces yeux... les mêmes yeux angéliques que Ludivine. Et cette grâce déjà doucereuse avec laquelle cet enfant la saluait... On ne pouvait s’y tromper...

    Machinalement, elle tourna la tête vers William qui regardait son fils, et elle constata que la façon dont il le fixait était dur ! Pourquoi ? Elle ne tenait pas à connaître la raison pour laquelle il le regardait ainsi, de peur d’en trop bien en comprendre le sens.

    Va maintenant prendre ton goûter, lui dit-il d’un ton bref.

    Isabelle, plus que surprise, garda pour elle l’effet qu’avait sur elle le ton que William venait d’employer envers son petit garçon.

    Il avait l’air très contrarié quand il s’adressa à la nurse sur un ton qui ne supportait aucune réplique :

    Comment faut-il vous expliquer les choses, Caitlin ? Je vous ai déjà prié, de le faire rentrer assez tôt pour qu’il puisse goûter à quatre heure et se reposer ensuite. C’est une prescription du médecin qui doit être suivit à la lettre, et ne souffre d’aucune dérogation. Je suis encore maître chez moi et les instructions de Mme ne comptent pas dans ma demeure. Je n’ai aucunement envie de me répéter. Veuillez, à l’avenir, vous en tenir à mes ordres !

    La mince Anglaise lui jeta un regard en dessous et répondit d’un ton pincé :

    Bien, Mr le comte.

    Juliette eut un haussement d’épaule et la suivant des yeux, elle fit une remarque :

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