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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Un jour, votre père lui avait fait visiter le domaine il y a déjà un certain nombre d’années.Tout en parlant, il écrasa dans un cendrier la cigarette blonde qu’il tenait entre ses doigts, et vint vers les arrivantes. Il serra respectueusement la main d’Adélaïde, et rencontrant le regard troublant d’Isabelle, il se pencha vers elle pour pour lui prendre la main qu'elle lui tendait pour y déposer un baiser. Décidément, il trouvait Isabelle bien changée. Il n’y avait plus aucune trace de cette hostilité qu’elle lui avait témoigné autrefois.

    Vint le tour de Catherine de Rubens d’accueillir les visiteuses fort aimablement. Elle avait le visage vieilli, et elle était, visiblement, très fatiguée. Isabelle ne retrouvait pas non plus en elle la parente toujours portée à la critique, qui la jugeait avec une sévérité contre laquelle elle se révoltait avec aplomb du haut de ses seize ans. La comtesse Catherine l’interrogea avec intérêt sur sa vie en Angleterre, et parut satisfaite d’apprendre qu’elle y avait été heureuse. Juliette prépara le thé, qu’Isabelle l’aida à servir. Après cela, les jeunes gens se mirent à causer entre eux, de choses et d’autres. Isabelle, très gaie lorsqu’elle se trouvait en milieu sympathique, racontait avec humour des anecdotes qui amusaient André et Juliette, et amenait un sourire sur les lèvres sérieuses de William Puis, l’entretien glissa sur la littérature anglaise que connaissait les deux frères. William qui avait peu parlé jusque-là, émit des réflexions dont la finesse, la lucide intelligence frappèrent Isabelle. En l’écoutant, elle comprit qu’André, Juliette et lui, dans une limite modeste, se tenaient au courant du mouvement intellectuel, par goût, non par snobisme ainsi que tant d’autres le faisaient.

    Comme les visiteuses se retiraient, reconduites par Juliette et William, un petit garçon parut dans la cour en compagnie d’une nurse. Juliette s’écria :

    — Voilà Thierry ! Viens dire bonjour à Isabelle mon petit !

    L’enfant s’approcha. Il était fin de corps et de visage. Son teint rose et blanc avait l’apparence d’une délicate porcelaine. Des boucles brunes entouraient sa petite frimousse, et deux beaux yeux bleu, pareil à ceux de sa mère, se levèrent sur Isabelle. Ce regard la saisie au plus profond d’elle-même. Ces yeux... les mêmes yeux angéliques que Ludivine. Et cette grâce déjà doucereuse avec laquelle cet enfant la saluait... On ne pouvait s’y tromper...

    Machinalement, elle tourna la tête vers William. Il regardait son fils, et la façon dont il le fixait était dur ! Pourquoi ? Elle ne tenait pas à connaître la raison pour laquelle il le regardait-il ainsi, de peur d’en trop bien en comprendre le sens.

    — Va maintenant prendre ton goûter, lui dit-il d’un ton bref.

    Isabelle, plus que surprise, garda pour elle l’effet qu’avait sur elle le ton que William venait d’employer envers son petit garçon.

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