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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Daphné de Rubens semblait être bien informée sur les événements se déroulant à Monteuroux. Un avenir plus qu’incertain concernant la jeune Isabelle pourraient très bien s’avérer exact si celle-ci persistait à vouloir tenir tête à la d'Argenson. Le comte aveuglé par l’amour qu’il portait à cette femme diabolique, n'était pas à même de deviner ce qui pouvait se tramer derrière son dos. Il y avait quelqu’un qui savait que l’accident survenu à l'étang-aux-ormes n’en était pas un, mais bien un assassinat. Qui avait commis cet acte atroce ? Daphné ne pouvait s’en aller de ce monde, tant que sa fille ne serait pas à l’abri des mains meurtrières, présentes au château, et qui avaient exécuté ce macabre assassina. Isabelle devait se méfier de la nouvelle épouse du comte Rudolph tant que le mystère de l’étang-aux-ormes ne serait pas résolu. Il fallait à tous prix protéger la jeune adolescente de tous les dangers...

    Quant à Isabelle, elle se devait de garder le secret des apparitions, quoi qui lui en coûte, pour mieux découvrir plus tard, la vérité sur le meurtre de sa tendre mère. Il ne fallait rien confier de l’expérience qu’elle venait de vivre, même à la seule personne qui l’aimait comme-ci elle était sa propre enfant, mais qui n’aurait jamais compris. Isabelle se rendait bien compte que sa marraine ne pourrait se taire en sachant que sa protégée avait des visions complètement inconcevables pour elle ! Elle penserait certainement qu’à cause de tous les événements successifs survenant depuis quelques jours dans sa vie, cela ferait beaucoup trop pour Adélie qui pourrait penser que sa jeune protégée était en train de perdre la tête. Voilà ce qu'elle  pourrait penser, et elle n’aurait pas tout à fait tort ! Qui voudrait croire à de telles choses ? Isabelle était très préoccupée par ce qu’elle venait de vivre. Était-ce parce qu’elle avait pleuré devant le portrait de sa chère mère, et que tout son être l’avait appelé si ardemment, que celle-ci lui était apparu ? Isabelle se remémora l’après-midi où elle était partie dessiner près du pavillon, sur les berges de l’étang, et où elle avait entendu Ludivine roucouler au bras de William. Elle se souvint également du caquetage incessant de cette pimbêche qui, appuyée sur le bras de son fiancé, sa jolie tête posée sur son épaule, avait critiqué sans vergogne sa pauvre mère disparue dans de tragiques circonstances. Elle se rappelait sa révolte qui grondait au fond d’elle après qu’ils se soient tous deux éloignés de son confort d’écoute. C’est à ce moment précis qu’elle avait entendu murmurer son prénom. Ce jour-là, elle n’avait pas vu grand-chose, à part ce qui ressemblait à un visage dans l’eau bleue marine de l’étang. Elle n’avait pas voulu prendre en compte cette vision parce que, pour elle, c’était une chose impossible, et que de petites vaguelettes ridant l’eau, l’avaient empêché de distinguer clairement l’image spectrale qu’elle avait imputé à une divagation de sa part. Que d’événements étranges, très troublants, se révélaient à elle juste avant son départ ! Isabelle se souvint, quand même, de s’être penchée plus avant vers l’eau sombre, afin de mieux distinguer ce visage qui s’était peu à peu délitée dans cette nappe bleue marine plus qu’inquiétante. Sur le chemin du retour, Isabelle s’était posée mille questions sur ce qu'elle venait de vivre, sans réussir à éclaircir ce mystère.

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