• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -108 -

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Le sourire, devenu soudainement ironique, avec une touche de dédain n’échappa pas à la jeune comtesse, et prompte à la répartie lorsque quelque chose lui semblait anormalement bizarre, la troublait, elle questionna sur un ton inquisiteur :

    Mais qu’entends-je ? Fit-elle d’un air surprit mêlé d’ironie. Ne serait-ce plus, depuis que je suis partie, la demeure de mon père ? Le château aurait-il changé de propriétaire en mon absence ? Serait-il possible que Monteuroux soit devenu la demeure de Mme de Rubens : anciennement vicomtesse d’Argenson ? Les uses et coutumes ont-elles évolués au point que la demeure ancestrale du comte Rudolph de Rubens ait changé de propriétaire ?

    William se sentit de nouveau gêné devant le ton employé par Isabelle. Pour couper court à toute répliques mal venues de la part du jeune homme, l’abbé Forges demanda :

    Avez-vous des nouvelles du petit Thierry ?

    Oui, il va un peu mieux. Demain je vais le chercher pour l’amener ici, car l’air de Paris est déplorable pour les poumons de ce jeune enfant, avec les véhicules à moteurs. Sa santé est des plus fragile. Il vaut mieux qu’il respire le bon air de la campagne. Vous partiez, Isabelle ? Si vous rentrez à Monteuroux, je peux vous conduire en voiture ? Cela vous éviterait une inutile marche par les chemins rocailleux. La route est entretenue et dégager. Je n’ai qu’un mot à dire à Mr le curé. Isabelle remercia William en déclarant qu’elle aimait mieux remonter à pied : la marche étant bonne pour la santé.

    Et puis elle voulait faire une halte au cimetière, visiter ceux qui s’en étaient allés durant son absence, et flâner par les chemins et sentiers si familiers avant son départ pour l’Angleterre, afin de respirer l’air vivifiant de la campagne. Elle prit congé du prêtre et de William et, après une station à l’église, elle fit une halte au cimetière pour rejoindre enfin, le sentier de Monteuroux. Son pas restait ferme et alerte, mais son esprit était distrait, et la joie de son retour subissait une sorte d’éclipse. Depuis l’instant où elle avait revu le beau visage de son cousin, elle avait perçu, dans ce regard franc, comme une tristesse qu’il cherchait à lui dissimuler. A sa vue, ses yeux foncés, durs à son encontre, n’avaient plus la froideur dédaigneuse d’autrefois…

    En le voyant apparaître à la porte de presbytère, quelque chose s’était comme réveillé en elle qu’elle croyait si bien enfoui dans le domaine de l’oubli, de l’inexistant. Elle avait pensé plus d’une fois, avec un peu de mépris, que ce William, devenu le mari de Ludivine, lui serait indifférent, et voici qu’elle sentait, que de nouveau, elle pouvait le détester, tout comme la jeune Isabelle de son passé.

    Le détester, ou le plaindre ? Mais souffrait-il ? Était-il, capable de souffrir, ce froid William ? De souffrir pour une Ludivine ? Isabelle eut un rire ironique en levant les épaules et, presque en courant, elle se mit à gravir le sentier menant à château vieux.

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