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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Il l’encourageait beaucoup à se diriger dans cette voix, étant donné ses dispositions.

    Très bien, j’aimerais cela pour vous, dit le prêtre, d’autant mieux que vous aurez la protection de Mlle Adélaïde dans cette existence parisienne.

    Chère Adélie ! Que de bienveillance envers moi ! Oui, sa présence me sera bien précieuse. D’ailleurs, nous n’aurions pu demeurer l’hiver à Monteuroux. A son âge, après le confort dont elle a joui à Verte-court, Adélie souffrirait trop de tout ce qui manque dans notre vieille tour.

    Vous pourriez demander à habiter le château neuf ?

    Le regard d’Isabelle s’assombrit.

    Le demander à mon père et à ma belle-mère ? Je n’en sent pas le besoin ! J’ai pris de bonnes résolutions, monsieur le curé : je suis décidée à être correcte et conciliante, quels que soient toujours mes sentiments à l’égard de ma belle-mère. Mais je tiens à conserver ma pleine indépendance, à ne rien lui devoir, pas même une complaisance. Du reste, de toutes façons, je ne pourrais me faire une situation si je devais rester à Monteuroux. Je sais que mon père, sous l’influence de ma belle-mère, veut me marier rapidement, mais ils peuvent me présenter n’importe quel parti, ce sera toujours non. Je ne tiens pas à me marier pour la bonne raison que je n’accepterais jamais d’être soumise à un homme parce qu’il est un bon parti et qu’il a de quoi me faire vivre grâce à sa fortune :

    Être indépendante est mon souhait. Aucun homme, si fortuné soit-il, ne saurait m’agréer. Si j’accepte d’être fiancée un jour, c’est que je serais éprise de celui que j’aurai moi-même choisi, et qu’il le sera de moi. En aucune manière je n’épouserais par intérêt ! Et puis, mes revenus me suffisent. Il serait bien improbable que je supporte de les céder à mon futur mari en guise de dote !

    Elle savait ce qu’elle voulait. L’abbé comprit qu’au fond, cette fière jeune fille, devenue une belle jeune femme, était resté la même en droiture et force que caractère.

    Le prêtre reprit :

    Évidemment. A moins d’être comme Juliette qui, depuis un an, seconde activement son frère dans la propriété...

    Juliette ? S’étonna Isabelle. Elle habite maintenant Aïgue-blanche ?

    Oui, elle a suivit des cours ménager, des cours d’horticulture en Suisse, et elle aime beaucoup les occupations de la campagne.

    Mme de Rubens, par contre, est très fatiguée, malade même. Elle lui abandonne les tâches qui lui incombaient auparavant malgré sa réticence à laisser le domaine gouverner seulement par son fils, et supplée par sa fille. Le domaine est grand, et Juliette peut aujourd’hui, assumer les tâches que sa mère désirait conserver pour elle jusqu’au bout de ses possibilités. Elle a donc laissé la place à ses enfants depuis déjà pas mal de temps, mais elle garde quand même un œil sur le domaine.

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